|
Il y eut assez tôt des personnes
parmi les croyants qui étaient attachées à la doctrine de Balaam, lequel
entraîna le peuple dans la chute, de sorte qu’ils s’en tinrent à la doctrine
des Nicolaïtes, lesquels s’élevaient au-dessus des laïques (Apoc. 2.14-16).
L’on permettait même à une Jésabel, qui se disait prophétesse, d’enseigner
et d’accomplir ses propres méfaits (Apoc. 2.20-21). Nous avons en réalité à
faire dès le commencement à un développement tout à fait tragique, à
l’apostasie, c’est-à-dire l’éloignement de Dieu et de la vraie foi, par les
déviations et les falsifications de toutes sortes. Déjà très tôt débuta la
tromperie par l’interprétation des Ecritures. Plus tard on délibéra à ce
sujet dans les Conciles et finalement des choses furent écrites comme
doctrines et dogmes des Eglises.
La
différence décisive entre les vrais et les faux oints consiste en ceci: les
hommes véritablement envoyés par Dieu prêchent la Parole, et le
Seigneur La confirme par les signes et les miracles qui La suivent. Les
hommes qui se sont établis eux-mêmes racontent des histoires, prêchent sur
les signes et les miracles et conduisent les gens à côté de la Parole, et
par cela les trompent. Seul celui qui demeure dans la Parole, demeure en
Dieu. Mais premièrement nous devons accepter entièrement la Parole afin
de pouvoir y demeurer.
Le
commandement de l’heure est: déterminer seulement par le témoignage des
Ecritures qui est un faux oint ou qui est un faux prophète, ou qui est
les deux à la fois. La Parole vint toujours aux vrais prophètes; les
faux prophètes ont toujours eu leur interprétation de la Parole, mais jamais
la Parole originale. La même chose se retrouve avec les faux oints. Ils
n’ont pas la véritable doctrine de Christ et des apôtres, mais bien leur
propre enseignement doctrinal, qui fut introduit au cours de l’histoire de
l’Eglise. C’est Dieu Lui-même qui parla au travers des vrais prophètes; les
faux prophètes parlent de Lui conformément à leur programme.
La
confession: «Jésus-Christ est le Fils de Dieu et Il est apparu dans la
chair» est professée par toute la chrétienté, également par les faux
prophètes et les faux christs. Mais cette confession n’est toutefois pas
juste lorsque avec cela on entend autre chose que ce que la Bible enseigne.
Une des thèses de la théologie chrétienne dit par exemple que le Fils
a été créé avant le monde, comme le commencement de la création de Dieu.
Selon une autre Il aurait été engendré par Dieu en premier et né dans
le ciel. A ce sujet il est écrit dans le Credo de Nicée: «Dieu venu de Dieu,
Lumière venue de la Lumière, véritable Dieu venu du véritable Dieu…». S’il
en était ainsi, nous aurions alors deux êtres qui seraient Dieu, deux qui
seraient Lumière, et ainsi de suite. La troisième thèse dit que le
Fils serait l’archange Michel de l’Ancien Testament. Et malgré tout cela
tous disent: Il est Christ, le Fils de Dieu. Il y a encore d’autres
versions, qui ne correspondent également pas au témoignage des Ecritures,
mais sont plutôt le résultat de réflexions et de fantaisies humaines.
Dans
l’Ancien Testament Il est le SEIGNEUR, JAHWEH (l’Eternel), le JE SUIS — le
Logos, la Parole, la manifestation visible, agissante et en marche du Dieu
invisible, qui est quand à Sa nature Esprit (Jean 4.24), et que nul homme
n’a vu (1 Tim. 6.16; 1 Jean 4.12). Lui, qui marchait dans le jardin
d’Eden, qui parlait avec Abraham, qui se fit connaître à Moïse et qui a
parlé au travers de tous les prophètes, depuis qu’Il est devenu un homme,
nous Le connaissons comme le Fils de Dieu, Lui qui est né ici sur cette
terre dans une étable à Bethléhem. "Car aujourd’hui, dans la cité de
David, vous est né un sauveur, qui est le Christ, le Seigneur"
(Luc 2.11). Ce n’est pas un Fils dans le ciel qui devint le Fils sur la
terre, mais bien la Parole qui devint chair, le Seigneur qui devint le
Serviteur. Il faut s’en tenir à ce que Paul a dit: Personne ne peut rendre
véritablement ce témoignage bibliquement fondé, que Jésus-Christ est le
Seigneur, si ce n’est par l’Esprit de Dieu (1 Cor 12.3). Beaucoup ne
rendent qu’une confession formaliste. Même les démons se sont écriés:
"Ha! qu’y a-t-il entre nous et toi, Jésus Nazarénien?", et ils ont crié
à haute voix: "Tu es le Fils de Dieu!" (Luc 4.34 et 41, et autres).
Cette confession des démons ne les ont cependant pas justifiés; malgré tout
ils demeurèrent ce qu’ils étaient précédemment. Par cela ils ne devinrent ni
chrétiens ni croyants.
Il
faut que cela nous soit accordé à chacun individuellement, comme à Pierre
autrefois (Mat. 16.13-17), par une révélation personnelle. Toutes les autres
choses ne sont que des répétitions de la raison, qui n’ont pas de valeur
auprès de Dieu. AINSI DIT LE SEIGNEUR: "… et personne ne connaît qui est
le Fils, si ce n’est le Père; ni qui est le Père, si ce n’est le Fils, et
celui a qui le Fils voudra le révéler" (Luc 10.22). Aussi vrai que le
Père s’est révélé dans le Fils, aussi certainement cela doit être révélé à
chacun. Tout chrétien, même l’Antichrist, peut confesser des lèvres que
Jésus-Christ est le Fils de Dieu, et cependant il pense tout autre chose que
ce dont les Saintes Ecritures rendent témoignage. Sans une révélation par le
Saint-Esprit cela demeure une répétition raisonnable. Le témoignage des
apôtres peut être lu dans beaucoup de passages de la Bible. Paul le résume
dans 1 Timothée 3.16. En réalité il n’y a qu’un seul Dieu, un seul Créateur,
un seul Père révélé dans le Fils, un Seigneur, une véritable foi, un baptême
juste (Eph. 4.4-6, etc.).
Toute doctrine et toute confession, ainsi que tout ce qui n’est pas en
accord avec les apôtres du Christianisme primitif, est faux. Le modèle
de l’Eglise primitive au commencement est le seul valable jusqu’à la fin.
Tout et tous doivent être éprouvés, mais cependant la mesure à laquelle ils
doivent être soumis est uniquement l’infaillible et éternelle Parole de Dieu.
Dans
Matthieu 7.15 le Seigneur dit: "Or soyez en garde contre les
faux prophètes qui viennent à vous en habits de brebis, mais qui
au-dedans sont des loups ravisseurs". Oui, "Soyez en garde…!" est
facilement dit, cependant la toison de brebis cache la nature du loup
ravisseur. Le mot clé se trouve là: «ravisseur». Ils pilleront donc les
brebis et ne les mèneront pas paître dans les vertes prairies de la Parole,
mais plutôt les tondront en leur annonçant un évangile de prospérité et
s’enrichiront par cela. Des versets 21 et 22 nous apprenons encore des
choses plus exactes: "Ce ne sont pas tous ceux qui me disent: Seigneur,
Seigneur, qui entreront dans le Royaume des cieux; mais celui qui
fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me
diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas
prophétisé en ton nom, et n’avons-nous pas chassé des démons en
ton nom, et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles
en ton nom?". La description du groupe de personnes auquel on se réfère
est claire et ne nécessite aucune interprétation. Ou bien doit-on quand même
demander s’il pouvait s’agir des grands faiseurs de miracles, des grands
évangélistes et des charismatiques? En premier lieu ces «grands hommes»
présentent au Seigneur tout ce qu’ils ont fait en Son Nom. N’est-ce pas
remarquable? Mais cela n’impressionne pas du tout le Seigneur. Il dit:
"Et alors je leur déclarerai: Je ne vous ai jamais connus; retirez-vous de
moi, vous qui pratiquez l’iniquité" (Mat. 7.23).
Le
"N’avons-nous pas fait tout cela en ton nom?" surprend nettement
ici. Ils n’attribuent pas cela au Seigneur, mais bien à eux-mêmes et s’en
glorifient, et en tout cela, c’est leur propre nom qui a été honoré. Les
véritables serviteurs de Dieu savent que le salut, la guérison, oui, toutes
les bénédictions proviennent seulement de Dieu, et ils font comme il est
écrit: "Que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur" (1
Cor. 1.31; 2 Cor. 10.17-18). C’est dans l’humilité que le Fils de Dieu dit:
"Les paroles que moi je vous dis, je ne les dis pas de par moi-même; mais
le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les oeuvres" (Jean
14.10). Pierre et Jean non plus ne se sont pas attribués à eux-mêmes la
guérison de l’homme paralysé dès sa naissance, mais bien au Seigneur dont la
puissance au Nom de Jésus-Christ de Nazareth a été révélée. Car de même que
Dieu agissait en Christ, Christ poursuit Son oeuvre au travers des
ministères dans l’Eglise. L’Eglise est un organisme vivant, et non pas une
organisation religieuse.
Les
véritables fils et filles de Dieu ont la pensée du Fils de Dieu et disent de
tout leur coeur: "Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne
qui soit faite" (Luc 22.42b). Le Seigneur dit: "Car je suis descendu
du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé"
(Jean 6.38; 4.34). "… pour faire, ô Dieu, ta volonté" (Héb. 10.7).
"Car quiconque fera la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, et ma
soeur, et ma mère" (Marc 3.35). C’est dans cette volonté que les
véritables enfants de Dieu sont une fois pour toutes sanctifiés (Héb.
10.10).
En
face de la volonté de Dieu, qui s’est accomplie au travers du Fils de Dieu,
et cela par une pleine obéissance allant jusqu’à la mort de la croix, se
trouve l’obstination de Lucifer. L’obstination de celui qui était
primitivement un oint dans le ciel se poursuit dans la propre volonté des
faux oints sur la terre, et elle est la désobéissance et la révolte contre
Dieu. Les Saintes Ecritures disent à cet égard: "Car la rébellion est
comme le péché de divination, et l’obstination comme une idolâtrie et des
théraphim" (1 Sam. 15.23). Tous ceux qui mettent maintenant l’accent
principal sur les miracles et prêchent en même temps leur propre version de
l’Evangile s’étonneront alors. Ils se trouvent au même niveau que tous les
chrétiens qui récitent le "Notre Père", dans lequel il est dit: "Que ta
volonté soit faite sur la terre comme dans le ciel", et qui ensuite
passent à leur propre ordre du jour et demeurent dans la volonté des
confessions, de l’Eglise, de la communauté, ou même dans leur propre
volonté.
Ceux
que le Seigneur blâme dans Matthieu, chapitre 7, sont pleinement absorbés
par leurs oeuvres sans se laisser inclure dans le plan de Dieu, et c’est
pourquoi ils sont déclarés «pratiquant l’iniquité». Lorsque avec
enthousiasme il est chanté: «Il est Seigneur, Il est Seigneur…», mais que la
relation serviteur / Seigneur n’existe pas en réalité, on parle, on
prophétise, on agit en passant à côté de Dieu. Les faux oints et les faux
prophètes ne se soucient pas des promesses données pour ce temps, pas plus
du fait que Dieu a envoyé un prophète avant que le jour de l’Eternel
n’arrive (Mal. 4.5-6).>> |