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APOCALYPSE PAR   EWALD FRANK

 AVANT-PROPOS 70 SEMAINES DE DANIEL  EPILOGUE.

                     Apocalypse  Chapitre:                       


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                      FEMME REVÊTUE DU SOLEIL                             COMBAT ENTRE DRAGON ET MICHEL

CHAPITRE 12

La femme revêtue du soleil

Christ et les Siens

Satan — Le dragon rouge et sa suite

Le douzième chapitre est interprété très diversement par les enseignants de la Bible. L’opinion sur ce que représente “la femme” va d’Israël, en passant par Marie, jusqu’à l’Eglise.

Ici aussi, il est nécessaire de considérer soigneusement tous les détails. Si chaque détail ne s’imbrique pas aisément dans l’image d’ensemble, c’est que quelque chose n’est pas juste. Les interprétations reçues jusqu’à maintenant ne sont pas satisfaisantes. Il nous est dit en guise d’introduction: “Et un grand signe apparut dans le ciel: une femme revêtue du soleil, et la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles. Et étant enceinte, elle crie étant en mal d’enfant et en grand tourment pour enfanter” (Apoc. 12.1,2).

Pour ceux qui supposent qu’il s’agit de Marie et de Jésus, ils doivent penser au fait que Jean se trouvait sur l’île de Patmos pour voir les choses à venir, et non celles du passé. Les événements mentionnés ensuite ne se sont pas accomplis avec Marie et Jésus. Marie ne s’est pas enfuie dans un désert et Jésus n’a pas été enlevé après sa naissance, mais au contraire, c’est seulement après avoir accompli la parfaite rédemption et Sa résurrection qu’Il est monté au ciel. Pas une seule fois il est dit de Lui, comme au sujet d’Hénoc et d’Elie qu’Il aurait été “enlevé” ou “emporté”, mais bien “qu’il fut élevé en haut dans le ciel”, d’où l’expression “Ascension de Christ”.

Dans l’Ancien Testament, Israël, en tant que peuple de l’alliance, est qualifié à maintes reprises de femme, d’épouse (Jér. 3.6,11; Osée 2.4; etc.). Dieu emploie des exemples naturels et compréhensibles. Il parle de fiançailles, de fidélité (Osée 2.20), de mariée et de mari (Es. 62.4). Dans Esaïe 54.5-10 le Seigneur dit en rapport avec Israël: “Car celui qui t’a faite est ton mari; son nom est l’Eternel des armées, et ton rédempteur, le Saint d’Israël; il sera appelé Dieu de toute la terre. Car l’Eternel t’a appelée comme une femme délaissée et affligée d’esprit, et une épouse de la jeunesse et qu’on a méprisée, dit ton Dieu”.

Dans le Nouveau Testament il est question d’Epoux et d’Epouse (Jean 3.29 et autres) et de Repas des noces (Mat. 25.1-13 et autres). La femme que Jean voit dans ce chapitre ne peut être que l’Eglise du Nouveau Testament, laquelle, il va de soi, a commencé avec Israël à Jérusalem, sur sol juif. Les rapports de Dieu avec Son peuple, lorsqu’Il l’appelle “femme”, exprime Son amour dans Son union avec Son Eglise (Eph. 5.29-32). Jésus place la Semence de Sa Parole dans le sein de Son Eglise pour engendrer la nouvelle naissance (naissance d’en-haut) de fils et de filles de Dieu.

Le soleil dont est revêtue l’Eglise indique le Rédempteur Lui-même, qui est réellement Le Soleil de justice (Mal. 4.2), et qui, pendant la période de la Nouvelle Alliance, l’enveloppe de Lumière et de chaleur.

La lune sous ses pieds est un symbole que l’Eglise est fermement fondée sur le roc de la Parole Divine de l’Ancienne Alliance. De même que la lune réfléchit la lumière du soleil, ainsi l’Ancien Testament réfléchit la Lumière du Soleil du Nouveau Testament dans lequel sont accomplies toutes les Paroles prophétiques sur lesquelles l’Eglise se tient (Eph. 2.20-22).

La couronne de douze étoiles signifie que l’Eglise du Nouveau Testament est couronnée de la doctrine des douze apôtres. Les sept étoiles dans la main du Seigneur ressuscité étaient les sept anges des sept âges de l’Eglise (Apoc. 1.20). Les douze étoiles dans la couronne de l’Eglise montrent qu’Elle est digne d’assumer l’ordonnance royale divine de la doctrine des douze apôtres (Actes 2.42). Conformément au témoignage des Ecritures, l’Eglise de Christ est à la fin retournée à l’enseignement et à la pratique originelles des apôtres, et c’est ainsi qu’Elle est trouvée lors de Son retour.

Il est dit de la femme d’Apocalypse 12 qu’elle était enceinte et se trouvait dans les douleurs de l’enfantement. Aussi cette image tout à fait naturelle d’une femme qui a reçu la Semence pour donner naissance à une nouvelle vie a une signification spirituelle. En tant que vierge, Marie a été élue pour recevoir la Semence divine et enfanter la Parole devenue chair, le Fils de Dieu. C’est pourquoi elle est désignée comme “femme” aussi bien dans Genèse 3.15 que dans Jean 2.4. Exactement de même, l’Eglise en tant que vierge pure (2 Cor. 11.2) est devenue une femme lorsque la Semence divine de la Parole a été déposée en Elle. C’est d’Elle que naît le fils mâle — la troupe des vainqueurs. “Fils mâle” signifie qu’il a grandi spirituellement, qu’il est majeur. Le plan de Dieu arrive à son achèvement avec l’Eglise, mais dans sa dernière phase il se développe parallèlement avec Israël. Lors de la sortie de l’Egypte Dieu appelle Israël “Son fils premier-né”. “Ainsi a dit l’Eternel: Israël est mon fils, mon premier-né. Et je te dis: Laisse aller mon fils pour qu’il me serve!” (Ex. 4.22,23).

Dans Esaïe 66.7-9 nous trouvons décrit un double événement: “Avant qu’elle ait été en travail, elle a enfanté; avant que les douleurs lui soient venues, elle a donné le jour à un enfant mâle”.

Il est question dans ce verset d’un enfant mâle, alors que dans le verset suivant il s’agit de la naissance spirituelle d’Israël: “Qui a entendu une chose pareille? Qui a vu de telles choses? Fera-t-on qu’un pays enfante en un seul jour? Une nation naîtra-t-elle en une fois? Car aussitôt que Sion a été en travail, elle a enfanté ses fils” (Es. 66.8).

Les deux choses se trouvent dans ce texte: Les douleurs de l’enfantement et d’un travail dans la douleur: la naissance d’un fils mâle et d’un pays qui naît en une seule fois (v. 7,8). Le rassemblement des Juifs s’est étendu sur des dizaines d’années; pour faire sortir les 144’000 il faudra quelques années, mais la révélation du Messie arrive en un seul jour. Dans un seul lieu, en même temps, ils regarderont à Celui qu’ils ont percé et recevront ainsi de Dieu la vie (Osée 6.1-3).

Aussitôt que le fils mâle, avant l’enlèvement, arrive “à la mesure de la stature de la plénitude du Christ” (Eph. 4.13), le dragon à sept têtes se tient devant l’Eglise “qui allait enfanter, afin que, lorsqu’elle aurait enfanté, il dévorât son enfant” (Apoc. 12.4). Satan, le serpent ancien, a été précipité du ciel (Jean 12.31; Luc 10.18) et a établi son trône, son siège principal, sur la terre (Apoc. 13.1,2). Il s’agit ici du “Siège” de l’adversaire de Dieu, de l’ennemi mortel d’Israël et de l’Eglise de Jésus-Christ.

En rapport avec la femme il a été dit: “Et elle enfanta un fils mâle qui doit paître toutes les nations avec une verge de fer; et son enfant fut enlevé vers Dieu et vers son trône” (Apoc. 12.5). Israël ne sera pas enlevé, car sa conversion à Christ, le Messie, n’a lieu bien sûr qu’après l’enlèvement.

Il est impressionnant devoir avec quelle exactitude le Saint-Esprit a dicté la Parole. Le Fils mâle est destiné à régner sur toutes les nations, mais Il doit tout d’abord être enlevé. La succession des événements est la suivant: Premièrement l’enlèvement et le Repas des noces dans le ciel, ensuite le Règne avec Christ sur la terre. On doit remarquer que la promesse de régner sur les nations a été donnée aux vainqueurs. Elle n’est pas seulement valable pour le Rédempteur, mais aussi pour ceux qui ont été rachetés et qui sont destinés à régner avec Lui. “Et celui qui vaincra, et celui qui gardera mes oeuvres jusqu’à la fin, je lui donnerai autorité sur les nations; et il les paîtra avec une verge de fer…” (Apoc. 2.26,27).

La clef pour la juste compréhension de la promesse du chapitre 12 de l’Apocalypse se trouve dans la parole qui vient d’être citée. Après l’enlèvement du Fils mâle la femme (l’Eglise) s’enfuit dans le désert, et cela pour une période de trois ans et demi exactement: “Et la femme s’enfuit dans le désert, où elle aura un lieu préparé par Dieu, afin qu’on la nourrisse là mille deux cent soixante jours” (Apoc. 12.6).

De même que dans les Evangiles le Seigneur exerce son ministère prophétique en tant que Fils de l’homme, ainsi nous rencontrons au travers de toute l’Apocalypse la manière de notre Seigneur de parler en paraboles. Le sens — la signification cachée dans toutes ces images, — ne sera pas accordé à tous, mais selon le désir du Maître seulement à ceux à qui il est destiné. En s’adressant à Ses disciples, le Seigneur dit: “C’est parce qu’à vous il est donné de connaître les mystères du royaume des cieux, mais à eux, il n’est pas donné” (Mat. 13.11).

“Jésus dit toutes ces choses aux foules en paraboles, et sans paraboles il ne leur disait rien; en sorte que fût accompli ce qui a été dit par le prophète, disant: J’ouvrirai ma bouche en paraboles, je proférerai des choses qui ont été cachées dès la fondation du monde” (Mat. 13.34,35).