|
|
|
LE CHRISTIANISME TRADITIONNEL
par Ewald Frank |
Chapitre 1
MISE A L’EPREUVE —
RECHERCHES SPIRITUELLES ACTUELLES
Si j’ai été encouragé à écrire ouvertement, c’est par le
fait qu’aujourd’hui les choses ne sont pas considérées
simplement comme allant de soi. Un exemple frappant nous en
a été donné en septembre 1988 par les media. Il s’agit du
“suaire de Turin”. Pendant des siècles, il fut reconnu comme
absolument authentique et fut révéré comme une relique. Le
monde entier a donc été étonné d’apprendre qu’après que ce
suaire eût été éprouvé en Angleterre, aux Etats-Unis et en
Suisse, indépendamment les uns des autres, le résultat
unanime de cette épreuve fut qu’il datait du Moyen âge et
qu’en aucun cas il ne pouvait être le suaire de
Jésus-Christ. Cependant, à travers une déclaration, les gens
furent encouragés à continuer de vénérer cet objet falsifié
comme s’il était une relique et à persévérer dans cette
erreur pourtant rendue publique.
En octobre 1988, le Révérend Dr Ian Paisley d’Irlande du
Nord a fait au Parlement de l’Europe, à Strasbourg, ce
qu’aucun protestant n’avait osé faire depuis le temps de la
Réformation. Il éleva une affiche où il était écrit: «Jean
Paul II = Antichrist» et par ce geste il provoqua une
agitation tumultueuse. Il protestait contre la présence du
pape dans la salle. Les media ont relaté ces choses et la
plupart des quotidiens en ont reproduit des photographies et
donné un compte-rendu en première page. Le lendemain, bien
peu de personnes parlaient encore de cela et finalement tous
revinrent à l’ordre du jour. Il est évident qu’une nouvelle
chasse l’autre.
Malheureusement en tout temps érudits et laïcs ont mis Dieu
et l’église “dans le même panier”, et parce que la
désillusion apportée par l’institution qu’on pensait venir
de Lui était si grande, beaucoup se sont détachés de l’Un et
de l’autre. Malheureusement bien des personnes sont tombées
victimes de cet argument trompeur, triste et regrettable. Je
n’oublierai jamais ce certain soir passé dans un kibboutz à
environ 15 kilomètres à l’ouest de Jérusalem. En tant que
conducteur du groupe, je rassemblai les participants pour
une courte méditation après le repas du soir. Un certain
nombre d’autres hôtes se joignirent à nous, et parmi eux se
trouvaient des Juifs. Cela ne créait aucun problème pour
moi, et je lus quelques passages des Ecritures dans l’Ancien
Testament, en montrant leur accomplissement dans le Nouveau
Testament. Subitement une immigrante juive, de Varsovie,
saisie intérieurement, s’écria: «J’ai lu le Nouveau
Testament, et j’aurais pu croire que Jésus-Christ était
notre Messie, si du moins Il n’avait pas été catholique.
Parce que les Polonais qui sont réellement si catholiques
nous ont tant fait souffrir!». Nous étions tous consternés.
Je dis alors: «Madame, le Messie n’était pas catholique. Il
était Le Rédempteur venu dans la chair. Et Marie, elle non
plus, n’était pas catholique». Elle n’arrivait pas à
concevoir cela.
Dans le domaine de la religion, précisément, l’ignorance est
telle qu’elle fait se dresser les cheveux sur la tête. Ce
christianisme, sans relation personnelle et vivante avec
Christ, est devenu une religion qui, comme certains le
prétendent, est de l’opium pour le peuple. Cet exposé est
écrit dans le but de découvrir tout ce qui n’est pas
biblique, ce qui est faussement appelé “chrétien”, et de
montrer ce que sont ces légendes religieuses qui persistent
même si leur origine remonte à des milliers d’années.
Lorsqu’il s’agit de croire Dieu et Ses desseins envers
l’humanité, nous devons conseiller aux gens de consulter le
Livre des livres. L’expression: «Je ne crois en rien ni en
personne!» n’est juste que lorsqu’elle se rapporte aux
hommes, mais elle ne peut être appliquée au Tout-puissant et
à Sa Parole. Il est, et demeure, le Seul digne d’être cru.
Sa Parole est la Vérité accomplie et confirmée et c’est
pourquoi la Bible, qui est la Parole de Dieu, est notre
Absolu. Elle s’élève au-dessus de tout doute. Dieu n’est pas
mort, comme certains le prétendent; Il vit et tout ce qui a
vie vit par Lui. Sa Parole est aujourd’hui comme autrefois
une réalité vivante.
De tout temps il y eut des hommes qui avaient pour mission
d’accomplir une tâche particulière. Dans l’histoire de
l’humanité se distinguèrent des poètes et des compositeurs,
des rois et des empereurs, des soldats et des politiciens,
et cela jusqu’aux hommes d’Etat de notre temps. Il en est de
même dans le domaine de la science et des recherches
scientifiques. Nous pourrions donner ici toute une liste
d’inventeurs bien connus de chacun, sans lesquels le monde
d’aujourd’hui aurait une tout autre apparence. Nous trouvons
pareillement dans l’Ancien Testament et au commencement du
Nouveau Testament des hommes de Dieu qui, durant leur vie
ici-bas, avaient une tâche particulière à accomplir dans le
cours de l’histoire du salut. Dans l’âge consécutif à celui
des apôtres, jusqu’au concile de Nicée (325 p. Ch.)
apparurent également certaines personnalités. Pendant le
moyen âge il y eut aussi des hommes qui jouèrent un rôle
important dans l’histoire de l’Eglise. Mais les noms des
hommes qui se levèrent depuis la Réformation nous sont plus
spécialement connus.
Les hommes qui avaient obtenu de Dieu une grâce toute
spéciale ont toujours reçu un mandat universel s’étendant au
loin par-dessus les démarcations des églises et des
religions en faveur de tous les hommes. Ceci est conforme au
dernier ordre missionnaire du Seigneur Jésus, lequel
incluait le monde entier: “Allez donc, et faites disciples
toutes les nations…” (Mat. 28.19). Celui qui est réellement
envoyé de Dieu publie la Parole de Dieu en accord avec tous
les prophètes et les apôtres. Celui qui apporte de nouvelles
doctrines et de soi-disant “révélations”, qui ne peuvent pas
être soutenues par les Saintes Ecritures, se disqualifie
automatiquement. Dieu ne peut pas se contredire, pas plus
qu’il ne peut changer Ses desseins. En tout ce qui est fait
ou enseigné l’on doit se poser ces questions: «Est-ce exact?
Est-ce écrit de cette façon?» ou: «Que disent les Saintes
Ecritures à cet égard?».
Ici nous ne nous intéressons pas aux idées des hommes mais
bien à ce que Dieu nous a fait connaître au travers d’hommes
qu’Il a appelés d’une voix audible à Son service. C’est aux
prophètes de l’Ancien Testament qu’il a été accordé de
publier le développement de l’histoire du salut, alors que
la tâche des apôtres était de démontrer à leur tour
l’accomplissement des prophéties données autrefois. Chacun,
selon l’appel et le mandat qu’il avait reçu, avait la
responsabilité, par son ministère, de nous montrer
clairement les desseins de Dieu, Son plan de salut. Celui-ci
était conservé dans les Saintes Ecritures, et c’est ainsi
qu’aujourd’hui encore la Parole vivante parle à tous ceux
qui se laissent interpeller par l’Esprit de Dieu. Il n’est
pas nécessaire que l’un interprète cette parole à l’autre;
il suffit que tous croient du fond du coeur, et cela de la
manière que dit l’Ecriture, et de cette façon ils seront
enseignés de Dieu Lui-même par Sa Parole (Es. 54.13; Jean
6.45). Nous ne voulons pas représenter ici la pensée
doctrinale d’une église, qu’elle soit indépendante ou non,
encore moins celle d’une secte, mais nous voulons exposer la
façon de voir de Dieu telle qu’Il l’a laissée dans Sa
Parole.
Celui qui a approfondi l’histoire de l’Eglise sait très bien
comment les historiens jugent et décrivent d’une façon
différente les actions de personnes ayant vécu dans la même
période. Les thèmes que l’on retrouve dans les discussions
ne sont pas nouveaux. Mais ce qui afflige un croyant
biblique, c’est le fait que lors de leurs recherches, les
critiques remettent en question le Nouveau Testament même.
Que les différentes parties du Nouveau Testament, les
évangiles et les épîtres, aient été rédigées tout d’abord en
hébreu, en araméen ou en grec, puis qu’elles soient apparues
finalement comme canon dans les textes grecs n’est pas
déterminant en soi pour la chose même. Ce qui est sûr, c’est
que Dieu Lui-même s’est placé au côté des Hébreux. Moïse et
Aaron reçurent l’ordre de dire à Pharaon: “L’Eternel, le
Dieu des Hébreux, s’est rencontré avec nous…” (Ex. 3.18).
Que Jésus-Christ n’ait pas parlé le grec mais l’araméen,
c’est-à-dire la langue hébraïque populaire, est évident;
qu’Il ait été instruit ou pas, laissons ce débat et ces
disputes aux érudits. Ce qui pour nous est important est que
le Seigneur ressuscité parlait encore hébreu. C’est le
témoignage qu’avait Paul dans Actes 26.14: “Et comme nous
étions tous tombés à terre, j’entendis une voix qui me
parlait et qui disait en langue hébraïque: Saul, Saul,
pourquoi me persécutes-tu?”.
De même, l’argument que d’autres épîtres encore auraient
circulé n’enlève en rien la valeur de celles qui sont
véritables. Il va de soi que, dans le christianisme
primitif, d’autres épîtres auraient pu êtres écrites par les
apôtres ou par d’autres auteurs et être en circulation. Dès
le premier verset de son évangile, Luc nous informe que
beaucoup avaient entrepris d’écrire un récit des événements.
Il y avait naturellement d’autres informateurs. Ce qu’on
appelle les “apocryphes du Nouveau Testament” ne sont
apparus que plus tard. Mais le Seigneur Lui-même a pourvu
pour que ne soit inclus dans le canon de la Parole de Dieu
que ce qui avait été écrit selon Son ordre et Sa volonté,
c’est-à-dire seul ce qui nous était nécessaire.
L’important est que nous respections cette Parole qui nous a
été laissée comme étant la Parole de Dieu (1 Thess. 2.13) et
que nous croyions que toute Ecriture est inspirée de Dieu (2
Tim. 3.16). Lorsque nous trouvons dans le Nouveau Testament
l’expression “comme dit l’Ecriture” ou “il est écrit”, c’est
toujours à l’Ancien Testament que l’on se réfère. Cependant
le Nouveau Testament fait tout autant partie des Saintes
Ecritures, car les deux ensemble forment un tout. Nous
pouvons lire ceci dans Luc 24.44,45: “… qu’il fallait que
toutes les choses qui sont écrites de moi dans la loi de
Moïse et dans les prophètes, et dans les psaumes, fussent
accomplies. Alors il leur ouvrit l’intelligence pour
entendre les Ecritures”.
Le Seigneur disait aux Juifs de Son temps, dans Jean 5.39:
“Sondez les écritures, car vous, vous estimez avoir en elles
la vie éternelle, et ce sont elles qui rendent témoignage de
moi”. Quand Paul donne un résumé de l’évangile, il dit que:
“… Christ est mort pour nos péchés, selon les écritures, et
qu’il a été enseveli, et qu’il a été ressuscité le troisième
jour, selon les écritures” (1 Cor. 15.3,4).
L’apôtre Pierre se réfère à Esaïe 40.8 et amène cette Parole
de l’Ancien Testament, ainsi que la Parole du Nouveau, sous
un dénominateur commun: “… mais la parole du Seigneur
demeure éternellement. Or c’est cette parole qui vous a été
annoncée” (1 Pier. 1.23,25). Le Nouveau Testament est le
résultat des prophéties de l’Ancien Testament.
Le Dr Clarence Larkin, lequel est un homme dont les
compétences sont internationalement reconnues, a démontré
dans son livre “Dispensational Truth” que lors de la venue
de Christ, 109 prophéties de l’Ancien Testament se sont
littéralement accomplies de la façon la plus exacte. Les
prophéties déjà réalisées de la Bible sont le signe de Son
origine Divine.
Lorsque l’on veut éprouver et traiter une chose, il faut
pouvoir l’aborder sans préjugés ni sentiment d’aversion.
Lorsque le théologien Carl Schneider écrit: «Les
falsifications ont commencé à l’époque du Nouveau Testament
et elles n’ont pas cessé depuis lors» (K. Deschner, Der
gefälschte Glaube, S. 20), il a parfaitement raison.
Cependant, de là à prétendre que nous aurions un Nouveau
Testament falsifié il y a une grande différence! Mais déjà
en ce temps-là comme aujourd’hui des choses non autorisées
avaient été introduites comme fausses doctrines et
interprétations. Malgré toutes les distorsions desquelles
nous parlerons encore, la Parole originelle demeure, et nous
pouvons L’accepter comme étant pour toujours la Parole
originelle. Dans quelle mesure les allusions destructrices à
l’épître de Pierre soi-disant falsifiée peuvent-elles
apporter cette remarque importune: «… le Saint Livre, la
Bible, regorge de faux documents»? (K. Deschner, Der
gefälschte Glaube, S. 20). C’est là une affirmation inouïe,
et de plus un méchant mensonge. En cela nous nous rapportons
à des érudits, qui déjà ont accompli un bon travail de
préparation. C’est de la présomption que de reprocher à ceux
qui ont écrit le Nouveau Testament de L’avoir faussé et
ainsi de les déclarer trompeurs, et par conséquent de
présenter les croyant bibliques comme des gens trompés! On
ne peut, par de telles manoeuvres fallacieuses, obscurcir le
rayonnement de la Vérité.
Bien sûr, les quatre évangélistes étaient des hommes
simples. Que le récit des événements qu’ils ont rapportés
soit partiellement différent l’un de l’autre, prouve
seulement qu’ils ne l’ont pas copié l’un sur l’autre. Chacun
écrivait comme il était conduit à le faire, selon qu’il
l’avait personnellement entendu ou vécu, ou éventuellement
selon le témoignage qu’il avait reçu de quelqu’un d’autre.
Ce qui est décisif, ce sont les faits eux-mêmes qui ont été
démontrés, et non les phénomènes qui les ont accompagnés.
Le Dr Konstantin Rösch, théologien et traducteur catholique
de la Bible, a montré la diversité des quatre évangiles par
les quatre êtres vivants: lion, veau, homme, aigle, tels
qu’ils sont décrits dans Apocalypse 4.6-8 et en d’autres
passages de l’Ecriture. Irénée déjà, dans le christianisme
primitif, les a désignés comme étant les symboles des quatre
évangiles. La Bible, en fait, a été écrite en langage imagé
et en paraboles. Matthieu est symbolisé par un lion, Marc
par un boeuf, Luc par un homme et Jean par un aigle qui
vole. Dans le premier chapitre d’Ezéchiel, il nous est dit
des quatre êtres vivants que tous avaient une face d’homme
(v.5) et que sous leurs ailes se trouvaient des mains
d’homme (v.8). Chaque être vivant avait quatre faces mais ne
présentait qu’une face à la fois. Chacun des évangiles
décrit en détail la même apparition du Sauveur; cependant
chacun d’eux Le présente sous une autre face.
Intérieurement, tous ces êtres vivants sont semblables, bien
qu’individuellement ils présentent une face différente.
Ainsi en est-il des quatre évangiles. En fait, à
l’intérieur, dans le coeur, ils sont tous pareils. Cependant
l’un présente davantage le Seigneur en tant que Fils de
l’homme; l’autre met l’accent sur Sa divine puissance dans
le symbole du Lion, qui est le roi des animaux; Marc Le
présente comme le Serviteur, le porteur de fardeaux; alors
que le quatrième évangile Le caractérise comme l’Aigle qui
s’élève dans les sphères divines.
Dès lors, si l’un des évangélistes relate une chose alors
qu’un autre ne le fait pas, ou si chez l’un d’eux apparaît
une tout autre chose comme très importante alors qu’elle ne
l’est pas chez l’autre, cela est tout à fait insignifiant.
Lorsqu’un évangéliste écrit que le Seigneur a nourri 4000
personnes avec sept pains, et qu’un autre écrit qu’Il en a
nourri 4000 sans compter les femmes et les enfants, c’est
que tous les deux ont raison. La seule différence vient de
ce que l’un a donné plus de détails que l’autre. Lorsque
l’un décrit comment, aux portes de Jéricho, deux aveugles
ont été guéris et que l’autre dit qu’il n’y en avait qu’un,
de nouveau les deux ont raison. L’un était présent lorsque
cela arriva; l’autre évangéliste, venu ensuite, ne rencontra
que l’un des aveugles guéris et c’est ce qu’il rapporte. Un
évangéliste nous dit que les deux brigands crucifiés avec
Jésus se moquaient de Lui (Mat. 27.44); l’autre nous dit que
le brigand se trouvant à la droite de Jésus se repentit et
Lui dit: “Souviens-toi de moi lorsque tu viendras dans ton
règne” (Luc 23.39-42). Là, de nouveau, les deux ont raison.
Tout d’abord les deux se sont moqués, puis l’un a trouvé
grâce et reconnu au dernier moment Qui était celui qui était
crucifié avec lui et il implora Son secours.
La réponse que le Seigneur lui fit: “En vérité, je te le
dis: Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis” est mal
comprise, comme beaucoup d’autres, par les critiques.
D’après leurs conclusions, Jésus, en conséquence, aurait dû
être présent quelques jours dans le Ciel après Sa mort, bien
que l’Ecriture ait dit qu’Il est descendu dans les lieux
inférieurs. Ils n’ont pas compris que le lieu où se
trouvaient les bienheureux, jusqu’à la crucifixion et
l’entrée en vigueur de la Nouvelle Alliance, n’était pas
dans les lieux célestes, mais en bas. Luc 16 nous relate
clairement que le lieu où se trouvaient les bienheureux (le
lieu qui est appelé “sein d’Abraham” au v. 22), n’était
séparé du lieu où se trouvaient les damnés que par un abîme
et qu’aucun ne pouvait avoir accès à l’autre lieu. Tous ceux
qui avaient placé leur espérance dans le Sauveur qui devait
venir, étaient retenus dans ce lieu de repos comme dans une
prison. Puis, conformément à Matthieu 27.52, ils sont
ressuscités avec Christ. Depuis ce moment-là seulement, le
paradis, le lieu où se trouvent les sauvés, est dans les
lieux célestes et non plus en bas. Christ est descendu dans
les lieux bas et, lors de Son ascension, a emmené avec Lui
tous ceux qui avaient cru à Sa venue et qui étaient là,
retenus prisonniers (Eph. 4.8-10).
Il n’y a pas davantage de contradiction quand l’un des
évangélistes relate que lors de la résurrection de Jésus,
deux anges s’adressèrent aux femmes (Luc 24.4), et que
l’autre dit qu’il y en avait un seul (Mat. 28.2; Marc 16.5).
Et il n’y a pas non plus de contradiction lorsqu’ils sont
présentés à l’intérieur du tombeau par l’un des évangélistes
et que l’autre les présente à l’extérieur. Cela veut dire
que tout est exact. Les anges à l’intérieur indiquaient le
lieu où le corps de Jésus avait été placé; au dehors ils
annonçaient qu’Il était ressuscité. C’est ainsi que cela se
rapportait au lieu et à la position. Même si deux étaient
présents, un seul d’entre eux a parlé et c’est pourquoi il
est plus particulièrement fait mention de lui. Dieu merci,
il n’y a pas seulement des personnes qui se nomment
elles-même des “critiques”, mais il y a eu des hommes
éminents qui nous ont montré, d’une manière convaincante,
l’harmonie des Ecritures. Le Dr C.I. Scofield, traducteur de
la Bible internationalement connu, et érudit, est l’un
d’eux. Il a écrit une introduction sur les évangiles qui ne
laisse subsister aucun doute à cet égard.
D’une manière générale les critiques n’ont en somme pas
compris le caractère prophétique du Nouveau Testament. Ils
reprochent par exemple à Paul de s’être trompé dans son
attente eschatoloqique parce qu’il a écrit: “Nous ne nous
endormirons pas tous, mais nous serons tous changés…” (1
Cor. 15.51). “Nous, les vivants qui demeurons jusqu’à la
venue du Seigneur…” (1 Thess. 4.15), et ainsi de suite. Paul
devait écrire dans la forme du présent parce que le
Saint-Esprit agissant en lui connaissait le cours futur de
l’histoire du salut ainsi que sa durée. Tout le Nouveau
Testament est composé de telle manière que pendant
l’ensemble du temps de la grâce ces paroles étaient valables
pour chaque époque; on pouvait prêcher sur la Parousie et la
croire possible à tout moment, jusqu’à la dernière
génération qui verra s’accomplir les passages bibliques
mentionnant cette Parousie. Le même Paul écrit à propos de
lui-même: “… Le temps de mon départ est arrivé. J’ai
combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la
foi. Désormais m’est réservée la couronne de justice que le
Seigneur juste juge me donnera dans ce jour-là” (2 Tim.
4.6-8). D’ailleurs il y a toujours eu des personnes qui, en
leur temps, ont compté sur le retour du Seigneur. Celui qui
ne compte pas sur ce retour n’aura pas part à la première
résurrection parce qu’il ne porte pas en lui-même une
espérance vivante. Martin Luther croyait lui aussi que la
fin était proche et il s’attendait au retour de Christ. Il
désignait même l’antichrist comme étant le “End-christ”. Il
écrivait: «En cet an 1540, le nombre des années est
exactement de 5500 ans, c’est pourquoi nous pouvons attendre
la fin du monde, parce que le 6ème millénaire ne
s’accomplira pas pleinement. De même que les trois jours où
Christ était dans la mort n’ont pas été pleinement
accomplis» (H. Heinz, Zwischen Zeit und Ewigkeit, S. 137).
Le croyant portant en lui une espérance vivante s’attend au
retour de Christ. Il en est ainsi aujourd’hui encore. Il y a
des personnes qui, à cause de l’accomplissement des
prophéties bibliques, comptent fermement sur cet évènement
en cette génération.
Le comble de l’aveuglement ayant atteint les critiques est
manifesté quand ils prétendent que cette prophétie de
Christ: “En vérité, je vous dis: Cette génération ne passera
point que toutes ces choses ne soient arrivées”, a échoué
(Mat. 24.34). Pourtant dans ce passage il est question des
Juifs en tant que race et non pas d’une génération d’un
certain nombre d’années. Malgré les meurtres les plus cruels
perpétrés contre les Juifs, leur race a été maintenue
jusqu’aujourd’hui comme Dieu l’avait prévu dans Son plan de
salut et comme Jésus l’a dit. La citation de Matthieu 10.23:
“Vous n’aurez point achevé de parcourir les villes d’Israël,
que le Fils de l’homme ne soit venu” a été complètement
incompris et confondu avec Son retour. N’est-Il pas apparu à
Jean sur l’île de Patmos comme le Fils de l’homme marchant
au milieu des sept chandeliers d’or, s’avançant pour entrer
dans Sa puissance et Sa majesté royale? “Sa tête et ses
cheveux étaient blancs comme de la laine blanche, comme de
la neige; et ses yeux, comme une flamme de feu; et ses
pieds, semblables à de l’airain brillant, comme embrasés
dans une fournaise; et sa voix, comme une voix de grandes
eaux” (Apoc. 1.14,15). Ainsi ce que Jésus avait dit s’est
littéralement accompli. Chaque argument destiné à remettre
en question la Parole de Dieu peut être réfuté par Elle.
Ni Jésus, ni les apôtres ne se sont trompés, mais ce sont
bien les apologistes et exégètes critiqueurs de la Bible qui
se sont trompés tout au long de l’histoire de l’Eglise.
Jusque dans le temps présent ils parlent et écrivent selon
les mêmes tromperies dont ont été victimes ceux qui leur ont
transmis ces paroles, et cela sans en être conscients, mais
ils montrent ainsi leur ignorance à l’égard du plan de salut
de Dieu. S’ils sont capables d’exposer les choses de façon
convaincante concernant la partie historique, c’est-à-dire
les erreurs de développement à l’intérieur du christianisme,
et cela plus spécialement à l’égard de l’église universelle,
ils échouent lamentablement lorsqu’ils parlent de la Parole
et des choses du Royaume de Dieu. En tant que croyant
biblique de Christ, l’on ne peut tout simplement pas
accepter en silence tous les points d’interrogations que
présentent des gens qui n’ont aucun accès aux Saintes
Ecritures, ni aux mystères cachés et révélés en Elles sur le
plan du salut. Ils parlent de grandes falsifications, n’y
voient que contradictions sur contradictions, et cela après
avoir eux-mêmes interprété les choses avec des erreurs
grosses comme le poing.
Nous n’avons pas besoin d’une preuve historique de
l’existence de Jésus-Christ car Il est le point central de
l’histoire du salut, et non pas de ce que les hommes ont pu
retenir de l’histoire. Le fait que Josèphe ou quelque autre
historien ait écrit ou non à Son sujet n’entre pas en ligne
de compte; les prophètes et les apôtres ont parlé de Lui
parce qu’ils en avaient reçu directement la charge. Cela est
digne de foi et nous suffit. Pour ma part, je crois tous
ceux qui étaient présents lorsque quelque chose de
surnaturel est arrivé, et qui nous l’ont communiqué. De la
naissance de Christ jusqu’à Son Ascension nous avons des
témoins authentiques, ayant vu de leurs propres yeux et
entendu de leurs propres oreilles. Aujourd’hui comme alors,
l’on reste muet comme la tombe à l’égard des choses
surnaturelles que Dieu fait encore sur la terre. Parce que
cela n’arrive pas dans les églises et religions établies,
cela n’atteint nullement les informateurs des journaux. Pour
le croyant, le témoignage en a été suffisamment rendu et
personne n’éprouve le besoin d’entendre les faux témoins de
la Parole, lesquels se sont présentés beaucoup plus tard
seulement.
Lorsque en critiquant, les historiens de l’Eglise parlent de
falsifications et de foi manipulée, il est impossible qu’il
puisse être question par là de l’Eglise primitive et des
actes des apôtres, c’est-à-dire du christianisme primitif et
de l’ensemble du Nouveau Testament. La foi manipulée et
faussée, les doctrines et messages falsifiés, sont ceux qui
ne concordent pas avec les Saintes Ecritures et qui ne sont
apparus que plus tard seulement.
|