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LE CHRISTIANISME TRADITIONNEL
par Ewald Frank |
Chapitre 27
L’EMPIRE ROMAIN ET SON IMPORTANCE
PARTICULIERE AU TEMPS DE LA FIN
L’empire romain est lié à l’église romaine de manière
indissociable. Aux jours de Constantin elle était l’église
de l’Empire, puis elle devint l’église du peuple, et
finalement l’église d’Etat. Le développement religieux
déboucha sur le développement de l’Etat, et c’est
l’institution religieuse qui devint une forme d’Etat, à
savoir “l’Etat Pontifical” lequel exista pendant des
siècles. Aucune autre église, à commencer par l’“Eglise
d’Orient” jusqu’à la grande église anglicane internationale,
n’a en tant qu’institution religieuse le caractère d’Etat.
L’église romaine est tout à fait officiellement un Etat
indépendant, au milieu d’un autre Etat (Apoc. 17.11), et
elle est la puissance politique la plus importante sur la
terre. Le Vatican entretient des relations diplomatiques
avec plus de 100 pays, c’est-à-dire qu’il y a un échange
d’ambassadeurs, lesquels sont appelés par le Saint-Siège des
“nonces”. Pour quelle raison aucune autre église nationale
ou du peuple n’a-t-elle donc de telles relations
diplomatiques? Pourquoi est-ce uniquement l’église de Rome?
Parce qu’elle est un Etat, et qu’elle commande dans tous les
Etats à tous ceux qui lui appartiennent. Elle n’est
absolument pas l’Eglise primitive que Christ a appelée à la
Vie.
Lors d’une visite du pape, il s’agit d’une visite d’un Chef
d’Etat, lequel doit être reçu avec tous les honneurs dus à
son rang. Lorsque Christ a parlé du Royaume de Dieu, a-t-Il
eu dans l’esprit “l’Empire de Rome”, que les papes ont élevé
devant les yeux du monde entier? Cette puissance mondiale
politique, économique et religieuse peut-elle être l’Eglise
de Christ? Etait-ce bien là la volonté de Dieu? Etait-ce
cela l’intention de Jésus-Christ lorsqu’Il accomplit le
salut à Golgotha?
Pour avoir une meilleure compréhension de l’histoire, qui se
déroule simultanément sur le plan des pouvoir religieux et
temporel, enchevêtres l’un dans l’autre certaines choses
doivent encore êtres mentionnées. Conformément à ce qui a
été montré en vision au prophète Daniel, quatre empires sont
prévus jusqu’à la fin de la civilisation actuelle. Le
dernier est l’empire romain (Dan. 2 et 7). Historiquement,
c’est ainsi que le cours de ces empires se déroula: l’empire
babylonien dura de 606 à 538 av. Christ, l’empire des Mèdes
et des Perses de 538 à 330 av. Christ; puis suivit l’empire
grec, sous Alexandre le Grand, qui s’étendit de 330 à 30 av.
Christ. Depuis l’an 30 av. Christ, c’est l’empire romain qui
s’empara du pouvoir et qui subsistera jusqu’à la fin
effective de cette époque. Ces quatres empires furent
symbolisés dans Daniel 7 par quatre bêtes. Dans la prophétie
biblique une bête symbolise toujours une puissance, ou bien
un dominateur qui exerce le pouvoir (Dan. 7.17,23).
Il est très important de savoir de quelle manière ces
puissances totalitaires exercèrent le pouvoir. Cela commença
par cet homme bien connu Nebucadnetsar, qui, subitement
influencé par des fanatiques et saisi de mégalomanie,
ordonna que soit mise à mort toute personne s’adressant à un
autre dieu que ceux reconnus par l’empire. Qui donc n’a
jamais entendu parler des trois hommes qui furent jetés dans
la fournaise uniquement parce qu’ils invoquaient et
servaient le seul vrai Dieu? La même accusation fut portée
contre le prophète Daniel, lequel, à cause de cela, fut jeté
en pâture aux lions. Mais subitement apparut la main
écrivant sur la muraille: “Mené, mené, thékel, upharsin”, et
c’est de cette manière, que par un écrit le dominateur
apprit, alors que son ciel était serein, que son royaume
avait été pesé et que ses jours étaient comptés. C’est ainsi
qu’il en sera de nouveau à la fin de cette génération.
Pendant les deux derniers millénaires, l’autorité a de toute
manière été exercée par Rome. Tout d’abord cette autorité
fut politico-païenne, puis elle devint politico-pagano-“chrétienne”.
Qu’ils soient empereurs ou papes, leur intention a toujours
été d’agrandir cet empire, de le fortifier et de le
défendre, le cas échéant de le rétablir. Ils le firent par
tous les moyens possibles. Tous les autres royaumes, jusqu’à
“l’Empire britannique” lui-même tombèrent en décadence et
durent s’insérer dans ce développement général. Maintenant
le grand empire soviétique s’écroule aussi, et le bloc de
l’Est dans son ensemble est ébranlé afin que ce seul “Empire
universel” puisse prendre place.
Dans cet empire romain, la foi trinitaire catholico-romaine
fut proclamée dès le 4ème siècle comme étant la seule
valable. Les empereurs, les papes, les princes et tous ceux
qui possédaient quelque influence se sentirent obligés de
rassembler toutes leurs forces pour veiller à atteindre ce
but bien défini. Quiconque ne se tournait que vers le seul
vrai Dieu, comme par exemple les Juifs et ceux qui
professaient une autre foi, étaient pourchassés sans pitié.
La fin a toujours justifié les moyens! Il y eut les
croisades et beaucoup de guerres appelées “saintes et
justes” et cela parce que derrière elles se tenait l’église
“sainte et juste”.
Nous n’avons pas la possibilité de nous représenter
aujourd’hui tout ce qui a été ainsi réellement perpétré.
Celui qui peut voir les instruments de torture employés par
la “sainte” Inquisition en ressort malade. L’intolérance à
l’égard de ceux qui avaient une foi autre que la leur, et le
fanatisme religieux aveugle qui dégénérait en haine
mortelle, ont vraiment dépassé toute mesure. Quelques
auteurs ont essayé timidement d’éclairer ce sombre chapitre.
On ne pourra jamais assez clairement le dire: toutes ces
atrocités ont été commises et légitimées en raison du
funeste arrêt décrétant que dans cet empire romain une seule
et unique foi était valable, à savoir celle représentée par
l’église catholique romaine.
Les papes et les empereurs se partageaient le pouvoir.
Aujourd’hui, on appellerait cela “joint-venture” ou “power-sharing”.
Ils régnaient dans leur empire avec une indicible brutalité.
Mais ce soi-disant “Saint Empire Romain” n’est aucunement
saint, pour la bonne raison qu’il n’est pas le Royaume de
Dieu. Il n’est que faussement présenté comme tel, à dessein
ou par manque de connaissance. A aucune époque un apôtre ou
un homme de Dieu appelé du Seigneur ne s’est mêlé de
politique ou n’a exercé un pouvoir dans ce monde. Les vrais
serviteurs de Dieu ont proclamé de tout temps le Royaume de
Dieu et ont laissé la politique aux politiciens.
L’empire romain, composé de la puissance politique,
économique et religieuse, s’élève maintenant à nouveau sous
nos yeux et il s’étend. Une Europe unie a été de tout temps
le rêve des papes et elle joue le plus grand rôle dans les
prophéties du temps de la fin.
Quelle qu’ait été la forme de gouvernement de chaque pays
ayant appartenu à cet empire romain, ou lui appartenant
maintenant, que ce soient des démocraties ou des dictatures
(car les Etats et les diverses formes de gouvernements sont
venus et s’en sont allés), cette “église de l’empire” a
survécu à tous ceux-là et demeure d’acier. Le Vatican sait
utiliser chaque système d’Etat pour atteindre son but! Afin
d’en imposer au public du monde entier, il acceptera toutes
les autres communautés religieuses, pour ensuite en assumer
le commandement. Aujourd’hui, on ne maudit plus et on ne met
plus au ban. Aujourd’hui les bras sont ouverts à tous. Au
cours de la même semaine, le pape reçoit successivement un
politicien d’Israël et le chef de l’OLP. Les responsables
politiques et religieux de tous les pays souverains viennent
à lui, sans considération de leur conception du monde ou
leur idéologie. Tous ont déjà compris que sans une visite au
pape, ils n’obtiennent pas la considération nécessaire,
fût-ce même dans leur propre pays. Le président des
Etats-Unis, George Bush, s’est certainement conformé à ce
que disaient ses conseillers, car lors de son voyage en
Europe en mai 1989, il est allé en premier lieu présenter
ses civilités au pape. Michaël Gorbatchev le fit également.
C’est là que fut décidée la réunification de l’Allemagne.
Après l’introduction de cette réunification, en novembre
1989, le Chancelier fédéral Helmut Kohl, depuis Berlin,
remercia publiquement le pape pour cela. C’est ainsi que se
fait la politique mondiale!
Conformément aux prophéties bibliques, après toutes les
guerres qui auront lieu, des ennemis historiques deviendront
amis et une paix apparente sera proclamée, afin que soit
accomplie cette parole de l’Ecriture: “Quand ils diront:
Paix et sûreté…” (1 Thess. 5.3.) Toute l’Europe est
bouleversée. A l’Ouest comme à l’Est des hommes se sont
levés en faveur de la paix. Ils ont démontré en proclament
des slogans comme “des épées faisons des charrues” ou
“amenons la paix sans faire parler les armes”. Ces derniers
temps de grand progrès ont été atteints dans les
négociations pour le désarmement. Cependant aucun politicien
ne proclamera cette paix, mais bien l’Antichrist en fonction
à ce moment-là, qui se présentera comme étant le
pacificateur et le médiateur. Mais après tout cela la paix
véritable et durable sera apportée par Christ, car Il est le
Véritable Prince de la Paix.
En rapport avec le temps de la fin, le pasteur Markmann cite
cette prophétie d’un voyant russe: «Peu avant sa mort, en
1900, le voyant russe Vladimir Soloviev publia sa célèbre
‘Courte relation sur l’Antichrist’. Devant le congrès
mondial des peuples il fait dire cette parole à ‘l’homme de
l’avenir’: ‘Peuples de la terre, je vous donne ma paix!’ et
il termine par ces mots: ‘Peuples de la terre, les promesses
sont accomplies, la paix mondiale et éternelle est assurée…
Car désormais existe sur la terre une puissance centrale
plus forte que le reste des autres puissances prises
individuellement ou dans leur ensemble… Et désormais, aucune
puissance n’aura la hardiesse de dire: ‘Guerre!’ lorsque je
dis: ‘Paix!’. Peuples de la terre! Que la paix soit avec
vous!’» (O. Markmann, Endzeit, Entrückung, Antichrist, S.
67).
De telles paroles viendront de la bouche du chef religieux
qui dans une grande mesure détermine la politique. Lorsque
des apologistes chrétiens parlent du “Superhomme” du temps
de la fin et qu’ils le cherchent dans le Judaïsme ou
l’Islam, ils témoignent par cela d’une totale ignorance. Cet
homme ne sera pas un athée, ni un Juif, ni un Musulman et
pas davantage un Boudhiste ou un Hindou. Il s’agit là de
l’homme couronné se considérant comme le souverain qui règne
sur le monde entier. Ce même homme qui auparavant se
présentait avec amabilité deviendra à l’heure H, dès que
Satan sera entré en lui comme en Juda et se sera emparé de
lui, celui qui mettra le comble au péché et à l’iniquité.
La réalisation de cette prophétie biblique ne concerne pas
au premier lieu la Chine, ou les Etats-Unis, mais bien
“l’Europe Unie”. Le pasteur Markmann écrit à cet égard:
«Après la dernière guerre, le Vatican s’est engagé de façon
logique pour une nouvelle Europe unie. Le pape Paul VI a
constamment et tout particulièrement souligné la pensée de
l’unification de l’Europe. Déjà ses prédécesseurs Pie XII et
Jean XXIII se prononçaient pour la création d’une union
européenne de caractère supra-national. Paul VI insista sur
le fait que c’est la foi catholique qui autrefois avait
‘fait l’Europe’; que cette foi pourrait ‘dans une mesure
incomparable contribuer à sa culture commune fondamentale,
laquelle devrait animer la vie sociale et politique d’une
Europe unie et lui insuffler une vitalité spirituelle’. La
nécessité pour l’Europe de s’unir devient de jour en jour
plus urgente, déclara-t-il en 1963» (O. Markmann, Endzeit,
Entrückung, Antichrist, S. 70).
Pour que le traité de Rome réussisse, le Vatican en a été la
force motrice. Déjà en 1970 il établit des relations
diplomatiques avec la commission de la C.E.E. à Bruxelles.
Cela aboutira finalement à l’unification globale de
l’Europe. Michaël Gorbatchev, qui fut hautement apprécié de
beaucoup de gens et estimé dans le monde entier, a fait
ressortir à nouveau la notion de “construction de la maison
européenne” comme cela avait déjà été exprimé lors de la
réalisation du traité de Rome en 1957. Des politiciens
notoires et les membres du clergé se sont emparés de ce
vocabulaire. Ces derniers temps, toutes les voix influentes
présentent la pensée de l’union de l’Europe entière et
l’expriment avec détermination.
«Le pape appelle à une ‘Europe sans frontières’. Le pape
demande la construction d’une ‘Europe sans frontières’ qui
n’ait pas renié ses racines chrétiennes. Il a confié ce
‘projet d’une Europe sans frontières’ à l’intercession de
Marie, la Mère de Dieu, a-t-il dit lundi devant environ
6’000 personnes à Covadonga aux Asturies, la dernière
station de son voyage de trois jours en Espagne» (Frankfurter
Allgemeine Zeitung, 22.08.1989).
C’est de nouveau au pape qu’est venue la pensée juste de
jeter un pont par-dessus le gouffre séparant l’Est de
l’Ouest. La citation suivante donne de plus amples
renseignements à ce sujet: «L’intérêt pressant du pape pour
une Europe Unie sur un fondement religieux catholique
s’exprime aussi dans la proclamation de saints protecteurs
pour l’Europe. Le pape Paul VI déjà avait proclamé ‘Benedict
de Norcia’ comme patron de l’Europe. Le pape Jean Paul II a
proclamé maintenant pour l’église catholique universelle, en
tant que saints protecteurs supplémentaires de l’Europe, les
saints frères ‘Cyrille’ et ‘Methode’ qui ont oeuvré au
neuvième siècle comme apôtres et docteurs des Slaves».
«Par la proclamation solennelle des saints Cyrille et
Méthode comme patrons de l’Europe, Jean-Paul II voudrait
montrer d’une part sa contribution à la formation de
l’Europe, et d’autre part mettre l’accent sur le fait que le
profil spirituel et culturel de l’Europe n’est pas seulement
imprégné de la civilisation latino-romaine et des traditions
spirituelles occidentales, mais qu’il est tout autant
imprégné de la culture classique grecque et de la tradition
byzantine et byzantino-slave».
«Le président de la conférence épiscopale d’Allemagne, le
Cardinal Josef Höffner, déclara à ce sujet à Cologne, que
l’action des deux nouveaux saints protecteurs en tant
‘qu’apôtres des Slaves’ peut être comparée à ce que saint
Bénédict avait accompli dans l’Europe du Centre et de
l’Ouest. Ces trois saints seraient donc pareillement des
’bâtisseurs spirituels de l’Europe, et même de toute
l’Europe entière’»
«La décision du pape serait une invitation pressante, faite
à tous dans l’ensemble de l’Europe, à se confier en
l’intercession de ces trois grands saints et cela aussi dans
le cadre des pas décisifs qui ont déjà été engagés sur le
chemin d’une complète unité entre l’église catholique et
l’église orthodoxe…» (O. Markmann, Endzeit, Entrückung,
Antichrist, S. 72-73).
Le Vatican, par le moyen de ses organismes, joue le rôle
principal dans la perspective de la réunification de
l’Europe, tant à l’égard de la politique que de la religion.
Sans lui les prophéties des temps de la fin ne sont pas
concevables. Depuis la deuxième guerre mondiale, la
stratégie qu’il pratique s’est fondamentalement modifiée au
fil des ans, c’est-à-dire de ne plus user de violence, tout
en gardant le même but. De l’avis des initiés, la deuxième
guerre mondiale est estimée avoir été une tentative en vue
d’arriver, par la violence et au moyen de la puissance
militaire, à établir une Europe catholique.
Le bolchévisme athée était vu par le Vatican, et en général
par la curie et les gouvernements de l’Ouest, comme le grand
danger pour l’Occident chrétien. Mussolini s’est mis au
service de l’église quand, en 1929, il céda au pape d’alors,
Pie XI, l’actuel “Etat du Vatican” comme territoire
souverain indépendant. Dès ce moment, le Vatican est
redevenu de facto un Etat souverain.
Beaucoup d’historiens se sont occupés du rôle qu’avait joué
l’église dans le fascisme et le national-socialisme jusqu’en
1945. Dans les alinéas suivants nous donnons quelques
citations du livre “Abermals krähte der Hahn” du Dr
Karlheinz Deschner, chapitres 7 et 68. Cet historien a fait,
d’une manière très approfondie, des recherches sur les faits
historiques.
«Le premier service que l’ex-socialiste (Mussolini) rendit
au Saint Siège fut d’ordre financier, c’est-à-dire qu’il
sauva de la banqueroute la ‘Banque de Rome’, ainsi que la
Curie avec plusieurs de ses dignitaires qui lui avaient
confié de fortes sommes, en lui injectant aux frais de
l’Etat italien environ un milliard et demi de lires… Le
cardinal Vannutelli, le doyen du soi-disant Saint Collège,
déclara en ce temps-là déjà à son sujet qu’il avait été ‘élu
pour sauver la nation et le rétablissement dans la
prospérité’».
«Le pape Pie XI se vit obligé encore une fois le 13 février
1929 de mentionner Mussolini comme étant ‘l’homme que la
Providence nous a envoyé…’. Remarquez entre parenthèses
qu’après la signature de l’accord du Latran, le premier
bourgmestre de la ville de Cologne, qui était en ce temps-là
Konrad Adenauer, envoya aussi à Mussolini un télégramme de
félicitations lui assurant que son nom serait écrit en
lettres d’or dans l’histoire de l’église catholique».
«Alors que le monde presque tout entier condamnait
l’agression fasciste (contre l’Abyssinie), l’église
catholique, et tout particulièrement le haut clergé italien,
se mit aux côtés de Mussolini. Le 27 août 1935, alors que
les préparatifs de guerre tournaient à plein régime en
Italie, le pape annonçait qu’une guerre de défense (!) ayant
pour but l’expansion (!) d’une population croissante pouvait
être légitime et juste. Quelques jours après cela seulement,
quatre semaines avant l’attaque, 19 archevêques et 57
évêques envoyèrent un télégramme que publia ‘l’Osservatore
Romano’ ainsi libellé: ‘L’Italie catholique prie pour la
grandeur croissante de sa patrie bien-aimée qui, grâce à son
gouvernement, est plus unie que jamais…’. L’archevêque de
Tarente, après avoir lu une messe à bord d’un sous-marin,
déclara que cette agression était une ‘guerre sainte, de
croisade’… L’archevêque de Milan, le cardinal Schuster, qui
avait béni en automne 1935 les troupes entrant en campagne,
compara Mussolini à César, Auguste et Constantin, et il
enseignait aux jeunes écoliers italiens que par l’oeuvre du
Duce ‘Dieu avait répondu du ciel…’. Le 12 janvier 1938
encore, Mussolini reçut 72 évêques et 2340 prêtres dans le
Palazzo Venezia où l’archevêque Nogaro demanda à Dieu dans
son discours d’être au côté du Duce dans toutes ses
batailles pour la prospérité de l’Italie chrétienne… ‘Dans
un enthousiasme pieux, avec la voix et le coeur du peuple,
nous nous écrions: Vive le Duce!’».
«En 1933 déjà, les évêques espagnols réclamaient dans une
lettre pastorale, comme le pape le 3 juin dans une
encyclique, ‘une sainte croisade pour la pleine restauration
des droits de l’église’… Le beau-frère de Franco, Serrano
Suñer, secrétaire de l’organisation des Jeunesses
catholiques, qui devint plus tard ministre de l’Intérieur et
des Affaires étrangères, était un ami de Mussolini et
d’Hitler. Et à la fin juin 1942, il fut décoré par le pape
de la grand-croix de l’Ordre de Pie IX. Deux mois auparavant
Suñer avait déclaré en présence d’un correspondant d’un
journal danois, que 15’000 Espagnols luttaient déjà sur le
front de l’est et qu’au cas où l’Allemagne en aurait besoin,
ce nombre pourrait être élevé à un million… Les évêques
allemands sous la consigne directe du Cardinal secrétaire
d’Etat Paccelli avaient rendue publique déjà le 30 août 1936
une lettre pastorale où il était dit par rapport à
l’Espagne: ‘Quelle que soit la tâche qui incombe à notre
peuple et à notre patrie à ce sujet, nous la considérons
comme allant de soi. Puisse notre Führer, avec l’aide de
Dieu, accomplir cet immense et dur travail de défense (!)
avec une fermeté inébranlable et la coopération la plus
fidèle de tous les concitoyens’. Le 3 janvier 1937 déjà, les
évêques allemands cherchaient de nouveau, en rapport avec
l’Espagne, à gagner leurs croyants à leur cause: ‘Bien-aimés
diocésiens! Le Führer et Chancelier Adolf Hitler a vu depuis
longtemps l’approche du bolchévisme, et sa pensée et son
souci sont axés vers le but de détourner ce monstrueux
danger de notre peuple allemand et de l’Occident’».
«La même année (1933), le catholique von Papen conclut le
concordat entre l’Allemagne nazie et le Vatican… Dans les
années 34 à 38, von Papen en tant qu’ambassadeur allemand à
Vienne, prépara la prise du pouvoir nazi en Autriche».
«Les évêques allemands ne s’élevèrent jamais contre les
meurtres judiciaires de leurs adversaires et la persécution
de milliers de leurs adversaires libéraux, démocrates et
communistes, car cela correspondait justement à leurs
aspiration. Ils ne protestèrent jamais contre les horribles
pogromes perpétrés à l’encontre des Juifs, ni contre la
destruction de plus de 200 synagogues, contre l’humiliation,
la déportation et la gazéification des Juifs que leur propre
église avait en vérité sans cesse pourchassés et tués durant
mille cinq cents ans. Jamais ils ne protestèrent contre le
système national-socialiste en tant que tel. En revanche des
éminences du clergé comme le cardinal Faulhaber de Munich,
le Cardinal Schulte de Cologne, l’évêque Matthias Ehrenfried
de Würzburg et d’autres déclarèrent (en 1935) être prêts à
collaborer avec le nazisme et déplorèrent son élimination».
«Le 11 mars 1938, les troupes d’Hitler occupèrent
l’Autriche. Le cardinal Innitzer de Vienne, qui en accord
avec le Vatican et Schuschnigg avait recommandé la
soumission en déclarant: ‘L’annexion est inévitable’,
célébra l’entrée de la Wehrmacht au son des cloches et avec
des drapeaux à croix gammée décorant son église. Et il
demanda à son clergé de faire de même. Le 12 mars, il
l’obligea à célébrer une messe de remerciements à Dieu.
Lorsque le 15 mars Hitler reçut le cardinal en audience et
lui assura la continuité des droits de l’église, tous les
évêques autrichiens, à l’exception de l'évêque de Linz,
encouragèrent le peuple à voter pour Hitler et ils
terminèrent leur appel avec la salutation: ‘Heil Hitler!’».
Considérant le fait que le but politique avoué de cette
église universelle est demeuré le même, les événements du
passé devraient être compris comme un avertissement pour
l’avenir. Le prétendu “Saint Empire Romain de la Nation
allemande” consistait en un pouvoir religieux et politique.
Cette formulation trouve sa justification dans la mesure où
le Vatican s’est servi des Allemands d’une manière toute
particulière pour atteindre son but. L’Allemagne joue
également le rôle principal dans le processus d’unification
de l’Europe, elle est “la locomotive du train tout entier”,
et la plaque tournante de l’Est et de l’Ouest. Par prudence
ou par crainte de l’église de Rome, beaucoup d’historiens
n’ont rien écrit à ce sujet, ou alors ils n’ont mis
qu’allusivement sur le papier cet épineux chapitre
religieux.
Avant le commencement de la deuxième guerre mondiale le
Vatican se concentra sur l’Allemagne, laquelle devenait
toujours plus puissante. Cela commença par la Bavière
catholique, et cela tout spécialement à Munich où, lors de
sa tentative de putsch en 1923, Hitler avait encore échoué.
En 1924 le Vatican conclut un concordat avec le pays de
Bavière. Il est à remarquer que déjà celui qui devint plus
tard le pape Pie XII était cette année-là nonce à Munich et
qu’il le fut plus tard à Berlin.
Il y avait déjà en 1938 environ 40’000 opposants politiques
enfermés, sans qu’un seul dignitaire ait élevé la voix en
faveur de ces hommes que l’on avilissait ainsi. Franz von
Papen déclara en tant que bon catholique: «Le nazisme est
une réaction chrétienne contre l’esprit de 1789» (E. Paris,
L’histoire secrète des Jésuites, page 217). Par cette
déclaration il se rapporte indubitablement à la révolution
française qui conduisit à la séparation de l’Etat et de
l’église, et provoqua la fin du “Saint Empire Romain de la
Nation allemande”. Lorsqu’à l’étranger des voix se firent
entendre hautement contre les événements qui se passaient en
Allemagne, l’éditeur de “Stürmer”, Julius Streicher, se
défendit par ces mots: «… c’est la propagande anglo-saxonne
des protestants contre nous». Celui qui savait que ses
arrières étaient protégés par le pape se sentait simplement
fort au-delà de toutes mesures.
Des initiés savent aussi que le Vatican considérait non
seulement le bolchévisme comme son adversaire politique mais
aussi l’église orthodoxe greco-russe séparée comme une
rivale religieuse devant être mise à sa place, tout deux
étant respectivement à vaincre. Seul celui qui est au
courant du fait que les SS hitlériens étaient tout
spécialement organisés et dirigés par des Jésuites en
uniformes, dont Goebbels entre autres faisait partie, peut
alors comprendre la raison pour laquelle, lors de l’entrée
des troupes allemandes en Russie, aucun édifice religieux ne
fut endommagé dans l’Ukraine catholique romaine, alors que
dans le reste de la Russie ceux-ci furent détruits sans
aucun scrupule. Nous donnons encore une fois ci-après
quelques citations du livre “Abermals krähte der Hahn” du Dr
Karlheinz Deschner, chapitres 67 et 68: «Après l’attaque-surprise
allemande contre l’Union Soviétique en 1941, l'évêque
catholique des troupes en campagne (Franz Justus Rarkowski),
dont même les milieux catholiques avouaient quant à ses
lettres pastorales, ‘qu’elles regorgeaient de preuves de
soutien à la guerre nationale-socialiste’, adressa une
parole pastorale aux membres catholiques de l’armée dans
laquelle il est entre autres dit: ‘Comme si souvent déjà
dans l’histoire, l’Allemagne est devenue dans le temps
présent le libérateur et le pionnier de l’Europe… Beaucoup
d’Etats de l’Europe… savent bien que la guerre menée contre
la Russie est une croisade européenne… Cet événement
puissant et qui vous oblige à entrer en ligne dans l’Est
vous amènera à comprendre combien indiciblement grand est le
bonheur de pouvoir être allemands’».
«Et dans un mémoire de tous les évêques catholiques
d’Allemagne du 10 décembre 1941 les dignitaires de l’église
confessent: ‘… C’est avec satisfaction que nous poursuivons
la lutte contre le pouvoir du bolchévisme, contre lequel
nous, évêques allemands, avons mis en garde l’Allemagne
catholique dans de nombreuses lettres pastorales de 1921 à
1936 et l’avons appelée à la vigilance, comme cela est bien
connu du gouvernement du Reich’».
«Le grand pape de la paix garda aussi le silence. Il garda
également le silence sur la destruction de presque 2’000
églises, de plus de 500 synagogues et du meurtre de nombreux
ecclésiastiques pendant la guerre de l’Est. Le Vatican
voulait-il donc, comme le firent les armées d’Hitler dans
d’autres territoires occupés, ne propager en Russie
orthodoxe également que le catholicisme?… Au sujet de la
collaboration des Jésuites avec les SS et la Gestapo, le
général des Jésuites, le comte Ledochowski (1866-1942,
général de l’Ordre depuis 1915), avait déjà eu des
pourparlers en 1940 avec les représentants des services
secrets hitlériens… Des documents nous disent que depuis
1919, le Vatican avait essayé de renverser le régime
communiste… Le Vatican avait l’intention ‘d’envoyer autant
de prêtres que possible dans les territoires occupés de
Russie, afin de préparer le terrain en vue des plans futurs
de la politique vaticane à l’égard de la Russie’. Le
8.11.1941, le commandant en chef de la Wehrmacht recommanda
aux chefs d’états-majors des armées de l’Est ‘de tenir
compte de l’accord conclu avec le Vatican… de faciliter
l’activité missionnaire des prêtres catholiques dans les
territoires occupés…’. Et un chef des services secrets
allemands, le général SS Schellenberg, écrivit dans un
rapport de 5 pages au Ministère des affaires étrangères
concernant une conversation avec le pape: ‘Le pape fera tout
son possible pour assurer la victoire allemande. Son but est
la destruction de la Russie’».
«… vingt ans plus tard le Dr Adenauer disait: ‘C’est
pourquoi nous gardons vis-à-vis de ce monde (de l’Est) qui
est à la vérité notre ennemi mortel, la plus grande
vigilance… Cependant il ne s’agit pas seulement de la zone
d’occupation soviétique, mais bien de la libération de toute
l’Europe de l’Est se trouvant derrière le rideau de fer…
L’Allemagne ne sera pas la proie du communisme athée, mais
au contraire elle le fera tomber’».
En avril 1941, lors de l’entrée des troupes allemandes en
Yougoslavie, les Croates qui étaient catholiques-romains
furent pleinement épargnés, alors que les Serbes, qui eux
étaient orthodoxes, furent massacrés en masse. Le mouvement
catholico-fasciste croate, les Oustachis, pactisèrent avec
le commandement militaire des troupes d’occupation,
commandement largement dominé par des catholiques romains.
Il est bien connu que l’archevêque Stepinac avait entrepris
la coordination. Il put annoncer lui-même au pape que
250’000 Serbes avaient été convertis au catholicisme romain
par la violence. Des deux millions d’orthodoxes environ que
comptait en ce temps-là la population de la Croatie, 600’000
furent assassinés selon les données officielles. D’autres
estiment le nombre de personnes assassinées à 800’000. Non
seulement les Juifs, ainsi que d’autres groupes ethniques,
furent massacrés sans scrupules, mais encore des minorités
ayant la même appartenance nationale le furent aussi, pour
la seule raison qu’ils avaient une autre conviction de foi
que celle des catholiques romains.
Lors de l’entrée des troupes nazies en Pologne, un massacre
des protestants allemands eut lieu. Ce que l’on appela “le
bain de sang de Bromberg” est devenu un fait notoire. En ce
temps-là, on parlait du massacre de plus de 40’000
personnes, principalement d’hommes, venant des territoires
régis par l’administration polonaise. D’après ce que l’on
dit, l’appel à perpétrer ce massacre était aussi venu de la
chaire des églises. Récemment le nombre des morts fut estimé
passablement en dessous de ce chiffre.
Il n’est pas difficile de percer à jour ce qu’Hitler voulait
dire par cette déclaration: «Mais j’ai besoin, pour la
construction d’un grand mouvement politique, des catholiques
de Bavière aussi bien que des protestants de Prusse. Le
reste viendra plus tard» (K. Deschner, Ein Jahrhundert der
Heils geschichte, Volume I, S. 360). Des théologiens
évangéliques de premier plan ont également collaboré avec le
nazisme, et cela en opposition avec “l’église protestante”.
Au lieu de la bénédiction éternelle de Dieu, ils se trouvent
chargés de la malédiction temporelle. Ce qui serait advenu
plus tard, nous l’aurions vécu en cas d’une victoire
d’Hitler. L’action de “nettoyage” des Juifs, des minorités
ethniques et des adversaires politiques, aurait été suivie
d’une deuxième action de nettoyage, c’est-à-dire de celle
des protestants.
Le 9 avril 1945 encore, soit un mois avant la fin de la
guerre, le pasteur luthérien Dietrich Bonhoeffer fut exécuté
après deux ans d’emprisonnement sur l’ordre personnel du
catholique Himmler, à Flössenberg. Tous les groupes de
jeunesse protestants étaient interdits dans le IIIe Reich.
Premièrement ce fut aux porteurs de la Parole de l’église
protestante qu’on s’en prit, à ceux qui s’étaient élevés
ouvertement contre la dictature nationale-socialiste. Puis
se fut au tour de tous les croyants des églises libres et
autres communautés de subir les mêmes rigueurs. La
conception naturelle de l’église romaine et du dictateur qui
lui était fidèle, à savoir la certitude qu’aucune foi en
dehors de celle qu’ils professent n’a le droit d’exister,
est mortelle pour toutes les autres. Mais c’est avec respect
qu’il doit être mentionné ici le fait que du côté catholique
également la conscience agissait en reprenant quelques-uns,
lesquels élevèrent leurs voix contre l’injustice.
En considérant ces faits, on peut sans autre se demander
s’il existerait encore aujourd’hui une église protestante et
des églises indépendantes dans une Europe gouvernée par un
régime hitlérien allemand. Les Jésuites engagés et leurs
organisations, tout particulièrement, voudraient enfin
arriver à ce qu’ils recherchent depuis la Réformation:
présenter au pape “l’église une, sainte, catholique et
apostolique” conformément à ce qui est formulé dans la
profession de foi catholique. «En 1915 (!) au milieu de la
Trêve de Dieu, le pape Bénédict XV qualifie les partisans
des ‘sectes évangéliques’, comme étant des ‘émissaires de
Satan’ des fondateurs de ‘chaires pestiférées’ et les
porteurs de ministère spirituels sont comparés à des
‘brigands et des voleurs’» (O. Markmann, Irrtümer der
katholischen Kirche, S. 22). Personne ne peut comprendre la
citation suivante: «Le Jésuite Mayrhofer d’Ingolstadt
enseignait dans son ‘Miroir du prédicateur’ qu’on n’allait
‘pas plus à l’encontre de la justice en demandant la mise à
mort des protestants qu’en réclamant la peine capitale pour
les voleurs, les faux-monnayeurs, les meurtriers et les
séditieux’» (E. Paris, Histoire secrète des Jésuites, page
56).
En compilant de nombreuses documentations, il est possible
de définir aussi bien la position que le comportement de
l’église catholique au cours de la deuxième guerre mondiale.
Jusqu'à même en tirer la citation suivante que le Vatican
fit publier le 3 mai 1945 par le général Franco dans la
presse espagnole, à Madrid, à l’occasion de la mort de
Hitler: «Adolf Hitler, fils de l’Eglise catholique, est mort
en défendant la Chrétienté. On comprendra donc que notre
plume ne trouve pas de mots pour pleurer sa mort alors
qu’elle en avait tant trouvés pour exalter sa vie. Sur ses
restes mortels se dresse sa figure morale victorieuse. Avec
la palme du martyre, Dieu remet à Hitler les lauriers de la
victoire» (E. Paris, Histoire secrète des Jésuites, page
273).
Beaucoup de ceux qui ont crié: «Heil Hitler!» ne savaient
réellement pas ce qu’ils faisaient, mais les dignitaires de
ce temps-là n’auraient-ils pas pu le savoir? Cependant ils
levaient leur bras et témoignaient par leur cri de «Heil
Hitler» [N. d. T.: Heil signifie aussi “sauve"] qu’à présent
le salut venait de Hitler, au lieu de venir de Dieu. Né en
1933, je connais cela pour l’avoir vécu. Assez souvent j’ai
observé les armées défilant pour la parade! Quelle puissance
se dégageait d’un si grand nombre de voix criant: «Sieg Heil!
Sieg Heil!» (Vive la victoire!). Beaucoup plus tard
seulement, avec l’écroulement de la dictature de Hitler, je
devins conscient que nous appartenions à une génération de
guerre séduite, méchamment trompée et dupée. La publication
des atrocités commises et le dévoilement de l’holocauste des
Juifs ont laissé beaucoup de gens stupéfaits et sans voix.
Il y a encore aujourd’hui des personnes qui nient cela,
parce qu’elles ne peuvent tout simplement pas concevoir une
telle cruauté allant jusqu’à gazer des hommes, des femmes et
des enfants innocents, et qu’elles ne peuvent placer cette
action dans son contexte. Au nom de Dieu et du peuple
allemand ont été accomplis au 20ème siècle les crimes les
plus abominables. Aujourd’hui encore résonnent aux oreilles
de beaucoup de personnes les mots de propagande des temps
nazis. Beaucoup se souviennent encore que l’on proclamait
avec enthousiasme: «… et une seule foi dans le monde
entier…». Sur la boucle des ceinturons des soldats se
trouvait écrit: “Dieu avec nous!". Quel blasphème!
Pendant la seconde guerre mondiale, plus de 55 millions de
personnes ont été “chauffées à blanc" par la propagande,
mais les vrais instigateurs de cela demeurent encore
impunis. «Le cardinal Frings, de Cologne, qui avait déjà
parlé le 16 décembre 1945 lors d’une allocution à la radio
d’une unicité du christianisme (c’est-à-dire évidemment de
celle du catholicisme romain), fut le premier à réclamer
publiquement, lors de la journée catholique du 23 juin 1950
à Rome en rapport avec l’occident, le réarmement des
Allemands et l’établissement d’une paix fondée sur ‘l’ordre
de Dieu’… L’évêque Muench, comme Pie XII, demanda dans une
lettre pastorale, en 1945, que l’on ait de la ‘retenue’ à
l’égard des criminels de guerre allemands. Cet évêque reçut
en 1951 du Président de la république allemande, la
Grand-croix du mérite envers la République et il fut nommé
cardinal par le pape Jean XXIII» (K. Deschner, Abermals
krähte der Hahn, S. 647-650).
La citation suivante est tout particulièrement instructive:
«Après l’écroulement des régiments catholiques, ce furent
précisément et de façon significative les cloîtres
franciscains de l’étranger qui devinrent les refuges de ceux
qui avaient mis à mort des masses de gens, Klagenfurt en
Autriche, Modène en Italie, mais aussi ceux en France» (K.
Deschner, Abermals krähte der Hahn, S. 625). Ils s’y
connaissaient visiblement très bien et savaient où trouver
non seulement des portes ouvertes, mais aussi des bras
ouverts. Même Paul Touvier, le boucher de Lyon, complice
français du meurtrier de masses Klaus Barbie, fut arrêté en
mai 1989 dans un couvent catholique où il vivait en sécurité
depuis de nombreuses années.
Après la défaite de l’armée allemande à Stalingrad, le pape
essaya d’attirer les Etats-Unis de son côté pour combattre
le bolchévisme. La seule condition que le président
Roosevelt posa était que Hitler démissionne. Le pape supplia
ce dernier de capituler. Mais cette fois le dictateur
assoiffé de puissance fit la sourde oreille. Les évêques
catholiques qui avaient publié leur solidarité avec Adolf
Hitler en mars 1933 à la conférence de Fulda s’exprimèrent
tout différemment en 1945, et ils suivirent une tout autre
stratégie pour atteindre le but fixé, à savoir une Europe
politico-religieuse unie.
Ce qui n’avait pu être réalisé par la violence des armes
deviendra désormais et sous peu par la voie diplomatique,
une réalité. Alors que des millions de gens — réfugiés,
prisonniers de guerre, déportés dans des camps de travail —
devaient subir les conséquences de la guerre, le clergé
n’hésita aucunement à changer de cap et à faire flotter sa
bannière au vent nouveau. Les innocents ont souffert des
suites de cette guerre alors que les véritables coupables
vivaient en sécurité et continuaient à jouer leur rôle avec
une grande élévation.
Depuis le deuxième Concile du Vatican (1962-1965) les
aiguillages ont été de nouveau mis en place. Les églises
protestantes ne sont plus maudites et traitées d’infidèles,
mais sont reçues à bras ouverts en tant que frères séparés.
La contre-Réformation est terminée. Chose étrange, aucune
des nombreuses malédictions formulées contre les
protestants, et celles faites principalement au Concile de
Trente, n’ont été retirées. Jusqu’aujourd’hui, aucune parole
d’excuse n’a été formulée par le pape et l’église de Rome à
l’égard des Juifs, des Protestants et des personnes
professant une autre foi que la leur.
Jamais encore la vie des autres n’a joué de rôle chez les
dominateurs de Rome. Quiconque se trouvait sur le chemin de
leur ambition de puissance, qu’il soit adulte ou enfant,
ennemi politique ou religieux, fut supprimé. Néron,
Dioclétien, Constantin et d’autres encore ont ouvert ce
chemin, et cette tendance a continué plus tard chez les
papes romains. Quiconque ne se soumettait pas à eux était
poursuivi et assassiné, et cela sans égard à ce qu’il
pouvait être: païen, juif, musulman, ou chrétien soumis à
une autre foi que la leur. Leur seul crime était de ne pas
professer appartenir à l’église catholique romaine.
C’est Constantin qui est à proprement parler le fondateur de
cette “église de l’empire" et qui lui donna d’exercer sa
puissance brutale. Il prétendit avoir vu dans le ciel une
croix de feu à côté de laquelle était écrit: «Par ce signe
tu vaincras». Ce meurtrier, qui fit mourir plusieurs
personnes dans sa propre famille (ses deux beaux-frères
Licinius et Bassanius, son neveu, le fils de Licinius, son
beau-père Maximilien, son fils Crispus et sa femme Fausta)
était en même temps un habile politicien. Pour lui, l’église
représentait un facteur de puissance et il s’en servit. En
effet tout d’abord, il laissa faire également les païens.
C’est à partir de ce temps-là que fut établie, en rapport
avec les persécutions et les meurtres, l’église de l’empire
pagano-chrétienne. Augustin, le prince de l’église, exalta
presque 70 ans plus tard l’église comme étant “l’Etat de
Dieu". Pour lui Satan était déjà lié, alors que l’état des
choses donnait la preuve du contraire: c’est-à-dire que
Satan venait tout juste d’être délié!
Le jour consacré au dieu soleil fut déclaré anniversaire de
la naissance du Fils de Dieu. Jupiter, Diane et autres
divinités masculines ou féminines furent destitués, alors
que Pierre, Marie et d’autres furent proclamés saints et
furent élevés à leur place. Lors de l’institutionnalisation
de ce “christianisme", ce qui en somme a eu lieu fut une
l’accaparement complet du culte des idoles gréco-romaines et
la continuation du culte qui leur était rendu. Les dieux
païen furent simplement échangées contre des saints et des
patrons. L’ensemble de la population de l’empire romain fut
soumise par la force à cette puissance politico-religieuse.
Ceux qui ne voulurent pas l’accepter ou qui, par motif de
conscience, ne purent s’y soumettre furent éliminés. La
collaboration de l’Etat et de l’église dans ce travail ne
laissait aucune chance à ceux dont la profession de foi
était différente. Que ce soit dans le commerce, les métiers,
les corporations, partout le boycott et la persécution
étaient à l’ordre du jour.
Lorsque l’église catholique romaine aura demandé des excuses
pour les millions de personnes qui ont perdu la vie à cause
des poursuites exercées contre elles, alors seulement elle
aura le droit de parler de “la protection de la vie de ceux
qui ne sont pas encore nés". On veut subitement protéger
ceux qui ne sont pas encore nés, tandis que les vivants ont
été et sont encore livrés à la mort! N’est-ce pas
précisément des papes qui ont lancé l’appel aux croisades et
qui ont béni les mercenaires pour la vie desquels ils ne
donnèrent absolument rien? Lors de ces croisades ou de ces
guerres religieuses, a-t-on pris garde aux femmes enceintes,
aux enfants, et en somme aux vies humaines? Combien n’est-il
pas funeste que soit sans cesse mis à jour, dans le
voisinage des couvents, des squelettes d’enfants!
Dans “Le catéchisme catholique pour adultes", à la page 256,
se trouve écrit que l’église est un sacrement. Tous savent
généralement qu’il y dans l’église romaine sept sacrements.
Mais lorsqu’on dit que l’église elle-même est un sacrement,
il doit sans doute s’agir de quelque chose de nouveau! Voici
la citation: «L’Eglise en tant que Sacrement de l’Esprit.
Difficultés avec l’Eglise. A la question de connaître
l’endroit où se trouve le Saint-Esprit, la confession de foi
de l’Eglise répond par cette déclaration: ‘Je crois (à)
l’Eglise catholique, une, sainte et apostolique’. L’Eglise
reconnaît donc qu’en elle et par elle l’Esprit de
Jésus-Christ poursuit son action dans l’histoire. Elle croit
qu’elle est l’endroit, voire le sacrement, c’est-à-dire le
signe et l’instrument de l’action du Saint-Esprit».
Entre la confession des lèvres et la réalité existe
cependant une différence aussi grande qu’entre le ciel et la
terre. Ce n’était certainement pas l’Esprit de Christ qui a
agi avec une telle cruauté au cours de l’histoire de
l’Eglise. Et c’est bien parce que dans cette église tout ce
qui s’est passé est connu que l’on trouve à la même page du
catéchisme catholique pour adultes cette prise de position:
«C’est à peine si une autre déclaration de foi suscite
autant d’incompréhension et d’opposition, voire de haine que
celle-ci. En fait beaucoup de chrétiens catholiques
pratiquants ont même des difficultés avec l’Eglise. Ce n’est
pas qu’un petit nombre d’entre eux seulement qui disent:
‘Pour Jésus, oui, mais pour l’Eglise non!’. Le reproche
principal fait à l’Eglise est qu’elle a, au cours de son
histoire, trahi le message original de Jésus. Parce que
Jésus — voici leurs objections — était pauvre et qu’Il
intervenait en faveur des pauvres; par contre l’Eglise
serait riche, elle pactiserait avec les riches et les
puissants et elle aurait manqué de s’occuper des questions
sociales. Jésus prêchait l’amour et cela même à l’égard de
l’ennemi. Par contre l’Eglise serait intolérante et
persécuterait (comme cela est montré aux yeux de tous par
l’Inquisition) ses adversaires avec une brutale cruauté… Que
doit donc dire un chrétien catholique à l’égard de cette
‘énumération de péchés’? Il n’a besoin de rien enjoliver ou
camoufler. L’Eglise, qui précisément proclame le pardon des
péchés, peut en toute confiance confesser sa propre faute,
comme le fit le pape Adrien VI au Reichstag de Nuremberg
(1522-1523) ou encore le pape Paul VI lors du Concile de
Vatican II (1962-1965). Le Christ n’a donc pas besoin de
nier les pages d’ombres de l’histoire de l’Eglise».
Auprès de Dieu les choses ne se passeront certainement pas
aussi simplement que cela se trouve écrit dans le catéchisme
catholique. Le pardon ne peut être accordé que là où une
véritable repentance a lieu. Dieu ne va pas pardonner ces
actes cruels, mais au contraire Il va venger le sang
innocent qui a été versé (Apoc. 6.9-10; 18.7,8), car les
choses ont été faites avec préméditation. Si la perspective
d’une persécution des chrétiens croyant en la Bible n’était
pas devant nous, nous pourrions considérer ce chapitre comme
étant clos. Mais conformément aux prophéties de l’Apocalypse
ce qui arrive maintenant est le rassemblement
politico-religieux, puis le boycott et la persécution, au
point “… que personne ne peut acheter ni vendre, sinon celui
qui a la marque, le nom de la Bête, ou le nombre de son nom"
(Apoc. 13.17). Ce qui s’est passé pour les Juifs lors du
IIIème Reich, et déjà auparavant à diverses époques,
arrivera de même pour les chrétiens qui croient conformément
à la Bible et qui devront passer par un court laps de temps
de persécution. Leur crime consistera en ce qu’ils
n’appartiendront pas à une dénomination reconnue, et par
cela ni au Conseil Mondial des Eglises ni à l’église
romaine. On les considérera comme des hérétiques et comme
des gens que la société ne peut tolérer. Lorsque par exemple
une personne cherchera du travail et que la religion devra
être mentionnée, on pourra tout de suite décider si cette
personne recevra ou non le travail. Sera-ce possible que les
politiciens arrivent encore à protéger la vie et la dignité
des individus, et cela plus particulièrement de ceux qui
pensent et qui croient différemment?
Pour confirmer la Parole de la Bible, cet empire est appelé
bibliquement “une bête", laquelle a reçu un coup d’épée qui
a provoqué une plaie (Apoc. 13.14). L’épée de l’Esprit est
la parole de Dieu et c’est avec cette Parole de Dieu que les
réformateurs ont porté une plaie mortelle à cette puissance.
C’est pour cette raison que tous ceux-ci sont considérés par
cette puissance mondiale comme des serviteurs de Satan et
qu’ils représentent pour elle une perturbation et une
menace. Cependant, comme le dit la prophétie biblique, la
plaie mortelle se guérira et c’est ce qui fera l’étonnement
et l’admiration du monde entier (Apoc. 13.3-12). Ce
processus de guérison est actuellement très avancé.
Lorsque les églises protestantes et églises libres ont
commencé, toutes avaient comme thème central la prédication
de l’Evangile. Cependant, pour la plupart d’entre elles, il
s’agit en fait aujourd’hui davantage de traditions leur
ayant été transmises. Les conducteurs de chacune de ces
dénominations sont spirituellement aveugles et ne remarquent
pas où les conduit le chemin qu’ils ont pris. Même ceux qui
sont comptés parmi les fondamentalistes n’ont aucune vision
claire à l’égard des prophéties bibliques qui
s’accomplissent maintenant sous nos yeux; et ils n’arrivent
pas, à la lumière de la Parole révélée, à les mettre en
relation les unes avec les autres. Plusieurs d’entre eux
sont victimes de la “démythification", les autres de la
“théorie libérale de l’affranchissement". Ce qui est resté
du côté protestant, c’est aussi un christianisme populaire
et nominal, un baptême et un christianisme ayant une
apparence de fidélité. Seul un nombre infime et toujours
plus restreint de ses membres a fait une expérience avec
Christ et peut être mis au rang de ceux qui croient la
Bible.
Lors des rencontres préparatoires du Concile “Vaticanum
Secundum" le pape Jean XXIII a créé un secrétariat pour les
questions oecuméniques sous la direction du Cardinal
Augustin Bea. Tout un travail a été accompli; ce qui a été
formulé est destiné à chacune des églises séparées, de telle
sorte qu’elles puissent sans autre comprendre leur propre
langage et qu’elles ferment les yeux sur les différences
qu’elles ne devraient pas franchir. Dans le “Lexique pour la
théologie et l’Eglise" volume 13, S. 12-26, Herder écrit ce
qui suit au sujet du Concile Vatican II et concernant le
thème “Oecuménisme et unité". Il est très riche en
renseignements pour tous ceux qui veulent le consulter.
«Le Secrétariat est un canal créé pour la communication en
vertu de la volonté et de l’autorité papale, et un moyen
d’aider sous les formes les plus diverses le travail
d’ensemble pour la réalisation de la pleine unité… Paul VI
est parti d’une semblable compréhension alors qu’il était
encore cardinal et parla aux obsèques de Jean XXIII, au Dôme
de Milan, le 7.6.1963 et qu’il discourut sur ‘l’universalité
de la foi catholique’ et de ‘l’oecuménisation de l’Eglise
romaine’… Pour lui, ‘l’oecuménisme intérieur de la
catholicité’ avait le sens de l’unité dans la diversité,
avec de grandes possibilités de développement dans une
nouvelle période de l’histoire de l’Eglise».
«Eu égard aux autres communautés chrétiennes, il s’agit ici
de la véritable reconnaissance de l’héritage chrétien des
frères séparés. Cela signifie qu’il faut avoir une véritable
prise en considération de toutes les ‘traces’ ou ‘éléments’
de l’Eglise qui par la grâce de Dieu subsistent et sont
encore vivantes parmi les frères séparés; il ressort de cela
que ceux-ci appartiennent réellement à l’Eglise — même si
c’est à un degré différent — quand bien même c’est imparfait
et incomplet».
«Dans ce qui suit (§ 7) il n’est parlé que de séparations et
de divisions. A cause de ‘faiblesses humaines’, on en est
arrivé à des disputes, à de la méconnaissance réciproque et
à une aliénation à l’intérieur du troupeau de Jésus-Christ,
de telle manière que certaines parties de l’Eglise se sont
séparées et organisées en groupements indépendants. A cause
de cela l’Eglise de Christ a été cruellement mutilée. Parce
que l’Eglise ne peut être qu’une il n’y a, à côté de
l’Eglise régie par le successeur de Pierre, ‘aucune autre
Eglise qui puisse se reconnaître comme étant unique et
véritable’. Aucune Eglise séparée de la chaire de Pierre ne
peut de la même manière appartenir à cette Eglise d’une
façon à la fois visible et céleste. — Au § 8, l’accent est
mis sur l’indispensable unité avec la Tête, laquelle
n’exclut pas la diversité à l’intérieur du Corps. Une trop
grande uniformité pourrait porter préjudice à la beauté du
Corps. De là vient la signification des traditions propres,
particulièrement chez les respectables églises d’Orient.
Mais plus il sera donné de place à la diversité, d’autant
plus sera nécessaire une seule autorité».
«Celui qui, de bonne foi, vit dans une Eglise séparée ne
sera pas considéré par la véritable Eglise comme un étranger
(§ 9). Mais il lui manque tant de moyens de salut et en
particulier la direction par l’enseignement qui contribue à
préserver intégralement la foi et les usages. La séparation
cause des dommages à la croissance intérieure et extérieure
de la famille de Christ. C’est pourquoi le voeu du Concile
est que tous les ‘dissidents’ aient souci de la parfaite
unité du troupeau de Christ et viennent se réunir au seul
parcage (§ 10). C’est pourquoi à cet égard il faut toujours
prendre en considération l’héritage commun et la relation
spirituelle qui subsiste: ‘Nous sommes demeurés frères’».
«A la suite d’erreurs commises des deux côtés dans le passé,
les chemins des frères d’un seul peuple chrétien ont divergé
dans différentes directions; ils se sont séparés. Il
arrivera que, dans l’esprit de repentance et d’expiation de
la part de tous les chrétiens, tous seront rassemblés dans
la seule maison du Père (§ 31)».
«Les chrétiens doivent constituer un front commun contre la
pénétration de l’athéisme et du communisme (§ 35)».
«Toutes les parties de l’Eglise doivent croître également
ensemble sous une seule Tête qui ne provienne ni de l’Orient
ni de L’Occident, mais qui soit le Père de tous (§ 47)».
«Dans ce qui suit, les conditions concrètes de la
réunification sont citées et le chemin de cette
réunification est décrit. Ceux de l’Orient doivent savoir
une chose: s’ils veulent se joindre et reprendre leur place,
il ne sera pas demandé à ceux qui reviennent à la maison
plus que ce qui est requis pour devenir membres de l’Eglise.
(§ 48). Ils devront faire aveu de la profession de foi, dans
laquelle la reconnaissance de l’unité de l’Eglise est
inclue, sans devoir renier les erreurs dans une forme
simple. Il sera reconnu à ceux de l’Orient le droit de
conserver leur propre discipline (§ 50). Leurs voeux sont
valables et peuvent continuer d’être exercés (§ 51)».
«Parlons donc aussi avec nos frères ce langage évangélique
qu’ils comprennent et qui les touche. Disons-leur que la
primauté de Pierre est tout d’abord une diaconat, une tâche
pastorale, un service que le conducteur des apôtres a reçu
du Christ, non pour exercer un pouvoir ni encore pour
régner, mais pour paître le troupeau de Christ, car
finalement les pleins pouvoirs juridiques de Pierre sont
néanmoins attribués en vue de sa tâche pastorale… C’est là
la véritable image des bergers souverains dans l’Eglise,
laquelle exerce d’une manière toute particulière sa
puissance d’attraction sur les frères séparés, lesquels sont
conduits uniquement par le moyen de l’amour et avec une
forte main vers le seul asile de Christ, lequel est l’Eglise
catholique».
«Que partout aujourd’hui, à toutes les communautés de Christ
séparées à qui Dieu donne le désir d’unité entre tous, soit
montré son véritable but: l’Eglise comme étant la seul
maison du salut pour tous».
«Le chapitre suivant (§ 50) représente pour chaque chrétien
individuellement un appel à répondre à l’invitation de
l’Eglise mère. L’existence en eux des éléments de l’Eglise
seront perçus uniquement comme un appel à entrer dans
l’unité de l’Eglise catholique. Ceci est plus
particulièrement valable pour les Saintes Ecritures et les
Sacrements qui appartiennent à l’Eglise de Christ et sont
des moyens pour parvenir à l’unité. De plus, les chrétiens
ne sont pas seulement vus en tant qu’individus, mais
également ‘unis dans leur communauté’».
«Cependant, ‘celui qui veut obéir de tout son coeur à la
volonté de Christ et croître dans les rangs de
l’oecuménisme, doit toujours davantage se placer sous la
direction de l’Esprit de Christ, dans cette Eglise, laquelle
seule est la Maison de Dieu comprenant diverses habitations
dans l’unité de la foi, de la conduite et de la communion,
sous l’autorité du vicaire de Christ,’ le pape de Rome».
«Tous les baptisés forment déjà maintenant une communauté en
Christ. Les catholiques doivent aussi reconnaître leur
culpabilité concernant ces divisions et prier Dieu qu’Il
ramène à Sa manière Son peuple divisé à la parfaite unité».
«La nécessité d’appartenir à la vraie et unique Eglise est
présentée comme principe de base dans le premier chapitre
sur l’oecuménisme catholique, et il est exposé de telle
manière à pouvoir vaincre les difficultés et les
appréhensions des frères séparés».
«Le mouvement oecuménique a uniquement à faire avec la
‘préparation’ de voies qui doivent finalement amener à la
restauration de l’unité de tous les chrétiens dans le
troupeau de Christ».
Il est très intéressant de lire les documents et les
éclaircissements de l’ensemble du Concile Vatican II dans
l’ouvrage de Herder que nous venons de mentionner. A la page
747 il est écrit pour terminer: «Rome, en Saint Pierre, le 7
décembre 1965. Moi, Paul, évêque de l’Eglise catholique». Si
le tracé en est aussi parfaitement découpé, c’est à seule
fin que les Eglises séparées y aient libre accès et soient
attirées dans les bras de l’Eglise-mère, étendus pour les
accueillir. Tous ceux qui ont été baptisés dans la formule
trinitaire seront reconnus valablement baptisés par
l’Eglise. Il y a quelques années il n’en était pas encore
ainsi et les convertis y étaient baptisés à nouveau.
L’heure de la décision est venue, l’instant approche où le
point de non-retour sera atteint. Le dernier avertissement
venu du Ciel est: “Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin
que vous ne participiez pas à ses péchés et que vous ne
receviez pas de ses plaies" (Apoc. 18.4). Celui qui, au
temps de la pleine réunion religieuse, se trouvera dans la
grande “Eglise de l’Unité" ne pourra pas appartenir à
l’Eglise de Jésus-Christ. Cela concerne aussi tous ceux qui
seront membres d’églises indépendantes et de tendance de foi
protestante, dont les dénominations, par le moyen du Conseil
Mondial des Eglises, retourneront dans le sein de l’église
de Rome. Chaque dénomination porte automatiquement la marque
de la bête, laquelle est le signe de ralliement de “l’église-mère".
Quiconque reconnaîtra la doctrine trinitaire catholique
romaine et sera baptisé dans la formule trinitaire lui
appartiendra sans autre, selon le sens de cette église, et
il n’aura pas besoin d’autres formalités d’adhésion.
La pensée moderne de l’unité est basée sur une
incompréhension de la prière sacerdotale de Jésus, dans
laquelle le Sauveur a prié pour l’unité des rachetés. A cet
égard Il avait dans Sa pensée les Siens; Il ne parlait pas
d’une unité de diverses orientations de foi dans l’église de
Rome, sous l’autorité du Pape. Voici les paroles de Sa
prière: “… afin qu’ils soient un, comme nous, nous sommes
un; moi en eux, et toi en moi; afin qu’ils soient consommés
en un et que le monde connaisse que toi tu m’as envoyé, et
que tu les as aimés comme tu m’as aimé" (Jean 17.22,23).
Seul celui qui est né de nouveau peut être inclus dans cette
unité divine. Ici, vous trouvez d’une part l’unité biblique
avec Christ et Son Eglise; et d’autre part vous trouvez
l’unité mondiale, non biblique, dans l’église de Rome.
Chacun décide pour soi-même à laquelle des deux il veut
appartenir.
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