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LE CHRISTIANISME TRADITIONNEL
par Ewald Frank |
Chapitre 20
LA CHUTE
Les Saintes Ecritures parlent souvent en images et en
paraboles sans que la chose même apparaisse à la surface.
C’est ainsi que Dieu l’a voulu afin que les plus profonds
mystères de Sa Parole et de Son conseil soient révélés par
Son Esprit seul et qu’ils soient amenés à la lumière. C’est
seulement lorsque nous avons reçu la compréhension de ce en
quoi consista réellement la chute dans le jardin d’Eden,
qu’alors nous pouvons être éclairés sur le sens et la
portée, pour l’homme, de la possibilité qu’il a d’être
soustrait aux conséquences de cette chute par la rédemption
qui eut lieu ensuite. Déjà rien que la notion de “chute”
fait entrevoir ce qui s’est passé.
La vocation attribuée par Dieu à l’homme était celle de
régner sur la terre. C’est par la chute qu’il a perdu cette
position élevée. Seule la chute, dans laquelle les premiers
hommes sont tombés sous la puissance de Satan, explique la
raison pour laquelle le prince de ce monde a pu, à partir de
cet instant, exercer sa domination sur les hommes ainsi que
sur toute la terre. L’ennemi s’est introduit dans l’humanité
au moyen du serpent. Personne ne peut dire combien de temps
Adam et Eve ont vécu avec Dieu dans une communion sans
mélange. Ils ne connaissaient aucune douleur, aucune peine,
aucune larme; il n’y avait point de maladie, point de mort.
Ils jouissaient du fait d’être en sécurité dans le Paradis,
et ils vivaient avec le Seigneur Dieu dans une divine
harmonie. L’Eternel les visitait au frais du jour; c’était
le Ciel sur la terre. Lors du rétablissement de toutes
choses il en sera de nouveau ainsi. “Voici, l’habitation de
Dieu est avec les hommes, et il habitera avec eux; et ils
seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux, leur
Dieu” (Apoc. 21.3).
Le chérubin Lucifer, qui s’était élevé dans les cieux et en
avait ensuite été précipité, commença dès lors, en tant
qu’ennemi déclaré de Dieu, son oeuvre de destruction sur la
terre. Son but était déjà de séparer les hommes, créés à
l’image de Dieu, de la communion avec leur Seigneur, et de
les précipiter dans la perdition et dans la mort.
Conformément à Ezéchiel 28.12-17 il se trouvait déjà dans le
jardin d’Eden avant la chute. Dans le texte mentionné, Dieu
s’adresse directement par le prophète à Satan dans le roi de
Tyr. Les Saintes Ecritures témoignent que Satan peut prendre
possession aussi bien des hommes que des animaux. Notre
Seigneur chassa les mauvais esprits de beaucoup de personnes
possédées par des démons (Mat. 4.24). Il nous est rapporté
dans Marc 5.9 que l’esprit méchant parla personnellement par
la bouche du possédé: “Et il lui demanda: Quel est ton nom?
Il lui dit: J’ai nom Légion, car nous sommes plusieurs”. Cet
homme n’était pas seulement dominé par Satan mais encore par
beaucoup d’esprits méchants.
Dans le jardin d’Eden il y avait beaucoup d’arbres naturels,
et aussi l’Arbre de la Vie et l’arbre de la connaissance du
bien et du mal; cependant lors de la chute il s’agissait de
bien plus que de manger un fruit naturel; c’est comme cela
uniquement que la chute commença. D’ailleurs, dans Genèse 3,
il n’est pas dit qu’une pomme aurait été mangée mais bien
qu’un fruit a été mangé. Lisons dans Genèse 3.17: “Et les
yeux de tous deux furent ouverts, et ils connurent qu’ils
étaient nus; et ils cousirent ensemble des feuilles de
figuier et s’en firent des ceintures”. Quelque chose de
terrible était arrivé, qui les conduisit à cacher la honte
de leur nudité physique par un assemblage de feuilles de
figuier. Ils ne se bandèrent pas les yeux ni ne se
couvrirent la bouche, mais au contraire c’est la partie
inférieure de leur corps qu’ils couvrirent avec des
ceintures qu’ils se firent.
Dans la relation de l’événement survenu dans le jardin
d’Eden, il est question d’une “convoitise des yeux”, du fait
“d’être séduite” et ainsi de suite. Chaque homme et chaque
femme saura bien en quoi consiste la tentation par la
convoitise des yeux, de la pensée et de la chair. Nous
devons aussi considérer la propre déclaration d’Eve: “Le
serpent m’a séduite” (v. 13). La femme de Potiphar,
l’officier du Pharaon, vit que Joseph était beau de taille
et de visage, “… et il arriva, après ces choses, que la
femme de son seigneur leva ses yeux sur Joseph; et elle dit:
Couche avec moi” (Gen. 39.7). Plus tard, pour le diffamer,
elle dit: “… il est venu vers moi pour coucher avec moi” (v.
14). Lorsqu’une jeune fille ou un jeune homme a été séduit,
il ne s’est certainement pas agi de “manger une glace” ou de
“boire un lait frappé”.
Dans Exode 22.15 la notion de “séduction” est exprimée de
façon plus précise: “Et si un homme séduit une vierge non
fiancée, et couche avec elle…”. Paul savait ce qui s’était
passé dans le jardin d’Eden, sinon dans sa préoccupation à
l’égard de l’Eglise, il n’aurait pas écrit: “Mais je crains
que, en quelque manière, comme le serpent séduisit Eve par
sa ruse, ainsi vos pensées ne soient corrompues et
détournées de la simplicité quant au Christ” (2 Cor.
11.2,3). L’apôtre écrit, en rapport avec la chute: “Et Adam
n’a pas été séduit, mais la femme, séduite, s’est rendue
coupable de transgression” (1 Tim. 2.14 — Segond).
Après la chute de l’homme dans le péché, l’Eternel Dieu dit
à Eve, directement après son acte: “Je rendrai très grandes
tes souffrances et ta grossesse; en travail tu enfanteras
des enfants…” (Gen. 3.16). Il ressort clairement de ces
paroles, la réalité de ce qui s’était passé. Eve ne devrait
pas désormais manger dans les douleurs, ce qui aurait été
logique dans le cas où le péché aurait été commis seulement
par la bouche. Jusqu’aujourd’hui il n’existe aucune femme
qui en mangeant un fruit aurait eu des enfants. L’Eternel
Dieu savait exactement ce qui s’était passé et de quelle
manière Il devait punir. C’est pourquoi aujourd’hui encore
dans le monde entier, comme le Seigneur l’a dit, toute
femme, dans des conditions normales, met au monde ses
enfants dans la douleur en souvenir de la chute.
Celui qui s’arrête encore à cette parole: “Le serpent m’a
séduite, et j’en ai mangé”, devrait lire Proverbes 30.20:
“Tel est le chemin de la femme adultère; elle mange et
s’essuie la bouche, et dit: Je n’ai point commis
d’iniquité”.
L’Eternel Dieu maudit le serpent et dit: “Parce que tu as
fait cela, tu es maudit par-dessus tout le bétail et
par-dessus toutes les bêtes des champs; tu marcheras sur ton
ventre, et tu mangeras la poussière tous les jours de ta
vie” (Gen. 3.14). Jusqu’à ce moment-là le serpent se tenait
debout, sinon ce jugement n’aurait eu aucun sens. Mais le
verset suivant est très important: “Et je mettrai inimitié
entre toi et la femme, et entre ta semence et sa semence.
Elle te brisera la tête, et toi tu lui briseras le talon”
(v. 15). Selon le témoignage de l’Eternel Dieu, il est
question ici de deux semences: l’une est la semence du
serpent, l’autre est la semence de la femme. Dans toutes
l’Ecriture Sainte le mot “semence” veut dire “postérité”.
Le diable, quant à lui, ne peut ni engendrer ni créer; il
est un esprit déchu et sans sexe. C’est pour cela qu’il se
servit d’une bête, laquelle, à l’époque, se trouvait être la
plus proche de l’homme et pouvait même parler. Comme nous
pouvons le voir au chapitre 3 de la Genèse, le serpent eut
une véritable conversation avec Eve. Nous trouvons là aussi
bien les questions que les réponses échangées entre eux;
l’argumentation toute entière nous y est rapportée. Ce n’est
qu’après la malédiction que le serpent devint un reptile et
qu’il perdit sa forme primitive (Gen. 3.14).
Dans le jardin d’Eden la conversation commença par la
question bien connue: “Dieu a-t-il réellement dit?”.
Aujourd’hui encore, le serpent ancien utilise la même
méthode: semer le doute dans les pensées de l’homme à
l’égard de la Parole de Dieu. Après cela, le serpent prit
Eve dans ses filets en faisant valoir des arguments au sujet
de la Parole de Dieu et il tordit magistralement cette
Parole. Puis vint ensuite le grand mensonge: “Vous ne
mourrez point, certainement… vos yeux seront ouverts, et
vous serez comme Dieu” (Gen. 3.4,5). C’était une parole
agréable et Eve tomba dans le piège. A quoi serviraient
ensuite les termes: “vos yeux seront ouverts”, et
“connaissant le bien et le mal”, alors qu’on se retrouvait
séparé de Dieu, livré à la mort? Depuis lors, chaque homme
peut juger par lui-même ses actions et différencier le bon
du mauvais, le mensonge de la vérité et ainsi de suite.
C’est pourquoi tous les hommes seront responsables, au jour
du jugement dernier et ils seront jugés d’après leurs
oeuvres.
Nous pouvons lire ainsi la parole de Genèse 3.1 dans le
texte grec de la Bible: “… ho Ophis”, que l’on devrait
traduire par “l’ophidien” (en français: le serpent). D’après
les anciennes traditions hébraïques la chute n’a été
comprise que sous l’angle de l’acte sexuel. Un commentateur
écrit: «… l’ange, le cavalier du serpent, s’approcha d’Eve
et elle devint enceinte et enfanta Caïn» (F. Braun, Blicke
ins Wort, S. 67).
Comme on le sait, la nature, le caractère et les
particularités de l’être humain sont des dispositions
héréditaires qui se trouvent dans les chromosomes. Leur
transmission se fait par l’union des cellules lors de la
procréation. C’est de cette manière qu’est entrée dans
l’humanité la nature pécheresse du serpent (c’est-à-dire de
Satan), ladite nature étant rebelle, opposée à Dieu. Satan
lui-même, qui avait entraîné l’humanité dans la mort par la
désobéissance et la transgression, disposait de la puissance
de la mort, et c’est pourquoi le Sauveur devait venir dans
un corps de chair: “… afin que, par la mort, il rendît
impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort,
c’est-à-dire le diable; et qu’il délivrât tous ceux qui, par
la crainte de la mort, étaient, pendant toute leur vie,
assujettis à la servitude” (Héb. 2.14,15). En remportant la
victoire sur la mort, le Seigneur victorieusement ressuscité
a pris Lui-même l’une et l’autre choses: les clefs de la
mort et celles du séjour des morts (Apoc. 1.18).
Dieu avait donné cet ordre: “Fructifiez, et multipliez…” (Gen.
1.28). C’est Lui qui avait institué le mariage et avait uni
le premier couple. Mais la tragédie consiste dans la rupture
de la première union, c’est-à-dire dans le mélange
catastrophique et mortel qui se produisit. Tous les êtres
vivants devaient s’apparier, s’unir l’un avec l’autre, et
chaque genre devait se multiplier selon son espèce. Mais ici
prend origine un être qui est le fruit d’un croisement,
croisement dont Dieu n’était pas responsable mais bien Satan
au travers du serpent. Ce mélange ne procédait pas de la
création originelle. Le serpent trompa et séduisit Eve, puis
elle se donna ensuite à Adam. Cela, Dieu ne pouvait pas
l’accepter, car ce n’était pas conforme à Sa volonté
originelle. Ce qui ne provient pas de Sa volonté ne peut pas
davantage se conformer à Sa volonté que s’y soumettre.
Adam se trouva subitement placé devant la terrible évidence
que sa bien-aimée Eve, celle qui avait été prise de lui-même
et qui lui avait été confiée, n’était plus vierge! Elle
s’était donnée au serpent, puis elle eut immédiatement après
cela ses premiers rapports sexuels avec Adam. C’est ainsi
que se produisit la chute de l’homme. De ces deux unions,
qui eurent lieu peu de temps l’une après l’autre, naquit de
chacune d’elles un enfant: Caïn, puis Abel.
Jusqu’au jours où nous vivons il arrive que naissent des
“jumeaux” engendrés par deux pères différents. Les deux cas
les plus connus se sont présentés en Suède et en France. A
Stockholm, Madame Bjoerlen donna naissance le même jour à un
enfant négroïde, et à un enfant blond aux yeux bleus. Son
mari refusa d’assumer l’entretien de l’enfant qui ne venait
visiblement pas de lui. Lors des débats judiciaires, Madame
Bjoerlen reconnut avoir eu des rapports intimes avec un
homme à la peau noire. Elle avait donc eu le même jour des
rapports sexuels aussi bien avec son mari qu’avec son amant.
A Marseille, Madame Duvalle mit au monde également un enfant
blanc et un enfant noir.
Celui qui lit attentivement Genèse 3.15 constatera
qu’immédiatement après la chute déjà, l’Eternel Dieu parle
de deux semences, c’est-à-dire de la postérité du serpent et
de celle de la femme. Déjà au commencement il n’y eut pas
que deux lignées naturelles mais aussi deux lignées
spirituelles.
En ce qui concerne Caïn, ni dans la généalogie de l’Ancien
Testament ni dans celle du Nouveau Testament il n’est cité
comme fils d’Adam. Pareillement Adam n’est jamais désigné
comme étant le père de Caïn. C’est aussi la raison pour
laquelle Eve est en effet appelée “mère de lignées de tous
les vivants” (Gen. 3.20), alors qu’Adam, lui, n’est pas
appelé le père de lignées “de tous les vivants”. Si Caïn
avait réellement été le premier-né d’Adam, on lui aurait
certainement accordé une attention toute particulière dans
la généalogie.
S’il est écrit dans Genèse 4.1 qu’Eve a dit, après avoir mis
au monde son premier enfant: “J’ai acquis un homme avec
l’Eternel!”, on doit bien se représenter qu’en ce temps-là
il n’y avait encore aucune sage-femme ni aucun médecin pour
l’aider. Les douleurs étaient fortes et Adam ne savait pas
comment lui venir en aide. C’est ainsi que dans la détresse
de l’enfantement elle cria au Seigneur. Droit après, au
deuxième verset, il est dit: “Et elle enfanta encore son
frère Abel”. La traduction du rabbinat dit: “Elle continua
et enfanta son frère Abel”.
Visiblement, l’apôtre Jean connaissait aussi ce qui s’était
passé dans le jardin d’Eden car il écrit: “… non comme Caïn
qui était du méchant et tua son frère” (1 Jean 3.12). Par
l’expression “du méchant” dont, selon cette déclaration,
Caïn était l’enfant, il est impossible que l’apôtre Jean ait
pu avoir Adam dans l’esprit. Jean écrit aux croyants: “Parce
que vous avez vaincu le méchant” (1 Jean 2.13,14). Par “le
méchant” Jean pense de nouveau à Satan qui, en Apocalypse
20.2, est appelé le dragon, le serpent ancien et le diable.
Nous pouvons apprendre, en lisant les Saintes Ecritures, qui
est le méchant, à savoir le contraire de Dieu qui, Lui seul,
est “bon”. Dans le “Notre Père” il est dit: “Et ne nous
induis pas en tentation, mais délivre-nous du mal (ou: du
malin)” (Mat. 6.13). Satan, l’adversaire de Dieu est le
méchant, le mauvais, c’est-à-dire celui qui se trouve à
l’origine de tout ce qui est contre Dieu.
Caïn était plein d’envie et de jalousie; il fut le premier
homicide et meurtrier. Satan est meurtrier dès le
commencement (Jean 8.44). Ce n’est pas dans le Ciel qu’il
commis ce meurtre mais sur la terre. Ainsi il est exclu que
Caïn soit issu d’Adam car lui, bien sûr, avait été créé à
l’image du Dieu Saint. Rien de méchant ne peut provenir de
Dieu. Parce que Satan, en collaboration avec le serpent, est
entré directement dans la race humaine et l’a entraînée dans
la perdition et dans la mort, il était nécessaire que Dieu
Lui-même vienne dans la chair pour nous racheter du pouvoir
de Satan. Lorsque les rachetés entreront dans leur héritage
ils posséderont la terre comme Dieu l’avait voulu à
l’origine, et ils seront placés à nouveau dans leur position
de prédestinés.
Selon Jude 14, Enoch était le septième depuis Adam. Caïn ne
compte pas, et Abel fut tué avant d’avoir une descendance.
C’est pourquoi la généalogie passe directement d’Adam à Seth
et c’est ainsi que sur ce point également la Parole est
parfaite: Adam, Seth, Enos, Caïnan, Maléléel, Jared, Enoch (Gen.
5.5-18; Luc 3.37).
De même que les douleurs de la femme en couches lui
rappellent la rupture originelle et la chute, ainsi la
circoncision devait rappeler la même chose à l’homme.
Lorsque Dieu fit une alliance avec Abraham et sa postérité,
Il exigea la circoncision en disant: “C’est ici mon
alliance, que vous garderez entre moi et vous et ta semence
après toi: que tout mâle d’entre vous soit circoncis” (Gen.
17.10). La circoncision fut déclarée être le signe d’une
alliance éternelle. Quiconque ne voulait pas se laisser
circoncire devait être retranché du peuple, parce qu’il
rompait pour sa part l’alliance de Dieu (v. 18). Lorsque
Moïse avait omis de faire circoncire son fils, le Seigneur
voulut faire mourir Moïse: “Et Séphora prit une pierre
tranchante et coupa le prépuce de son fils, et le jeta à ses
pieds, et dit: Certes tu m’es un époux de sang!” (Ex. 4.25).
Dans Matthieu 13 le Seigneur a parlé clairement et sans
ambiguïté de deux semences, ou “lignées”, spirituelles:
“Celui qui sème la bonne semence, c’est le Fils de l’homme;
et le champ, c’est le monde; et la bonne semence, ce sont
les fils du royaume; et l’ivraie, ce sont les fils du
méchant” (Mat. 13.37,38). Aux hommes endurcis et dominés par
le méchant, Jésus dit: “Vous, vous avez pour père le diable,
et vous voulez faire les convoitises de votre père. Lui a
été meurtrier dès le commencement et il n’a pas persévéré
dans la vérité, car il n’y a pas de vérité en lui. Quand il
profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est
menteur, et le père du mensonge” (Jean 8.44).
La semence du serpent fut tout autant une réalité que ne le
fut la semence de la femme. La semence du serpent était
Caïn, alors que la Semence de la femme fut Christ. Paul
saisit cette pensée et il écrit dans Galates 3 au sujet de
la Semence promise: “… et à ta semence, qui est Christ” (v.
16). Christ est: “la semence à laquelle la promesse est
faite” (v. 19). Nous pouvons lire ceci dans l’Ancien
Testament: “S’il livre son âme en sacrifice pour le péché,
il verra une semence” (Es. 53.10). Chaque semence produit
selon son espèce, c’est une loi de Dieu. C’est là que
s’éclaire également le mot inimitié: “Et je mettrai inimitié
entre toi et la femme, et entre ta semence et sa semence” (Gen.
3.15). Satan est venu dans l’humanité à l’aide du serpent
pour détruire l’ordre divin. C’est pourquoi Dieu devait Lui
aussi venir dans l’humanité par procréation pour mettre à
mort et abolir l’inimitié (Eph. 2.13-16). C’est dans le
corps de Sa chair que notre Seigneur a accompli la
rédemption afin de pouvoir faire de nouveau Sa demeure dans
les rachetés. Il les a arrachés à l’influence de Satan et
les a transportés dans le Royaume de Dieu. Dieu a vaincu
toute la puissance de l’adversaire et a triomphé d’elle en
Christ (Col. 2.15).
Parce que Satan s’est infiltré dans la chair humaine et
s’est introduit de cette manière dans le sang des hommes,
Dieu devait participer à notre chair et à notre sang sous la
forme humaine de Fils. Il en allait de notre vie, du salut
de notre âme, et c’est pourquoi la réconciliation et la
rédemption ne sont possibles qu’au travers du Sang de
l’Agneau de Dieu. Dans les mains de notre Rédempteur ne
coulait pas du sang juif, mais bien un pur et saint Sang de
nature Divine dans Lequel se trouvait la Vie Divine.
Il n’y a pas eu évolution, comme les savants pensent
l’établir par les divers crânes et squelettes qu’ils ont
trouvés, mais au contraire il y a diverses espèces qui
peuvent aussi fortement se différencier extérieurement l’une
de l’autre. Même la chair était “une autre chair”, comme le
dit Jude 7. Paul écrit dans 1 Corinthiens 15.39: “Toute
chair n’est pas la même chair; mais autre est celle des
hommes, autre la chair des bêtes…”.
C’est là que se trouve le chaînon manquant de l’histoire de
l’humanité, connu sous l’appellation anglaise “the missing
link”, (c’est-à-dire “forme intermédiaire disparue”) et que
les hommes de science recherchent encore aujourd’hui. C’est
à cause des diverses formes de crânes et de squelettes que
l’on sait qu’un genre d’êtres a existé. Les chercheurs n’ont
encore trouvé aucune réponse à ce sujet et ils poursuivent
toujours leurs investigations. De tels mystères ne trouvent
réellement leur réponse que dans ce Livre mystérieux qu’est
la Bible.
L’une des espèces humaines provenait du mélange qu’il y eut
entre Eve et le serpent: c’était la lignée de Caïn car il
avait épousé une fille d’Adam. L’autre espèce était
constituée des descendants d’Adam et d’Eve au-delà de Seth,
lequel avait épousé sa propre soeur, car Adam et Eve eurent
beaucoup de fils et de filles: “Et les jours d’Adam, après
qu’il eut engendré Seth, furent 800 ans; et il engendra des
fils et des filles. Et tous les jours qu’Adam vécut furent
930 ans; et il mourut” (Gen. 5.4,5). Plus tard apparut
encore une autre espèce, à savoir celle qui était issue du
mélange des deux lignées. Les descendants de Caïn, appelés
dans la Bible “les enfants des hommes”, avaient encore un
peu d’attraction qu’avait Lucifer. Lorsque les hommes de la
lignée de Seth, “les fils de Dieu”. “… virent les filles des
hommes, qu’elles étaient belles, ils se prirent des femmes
d’entre toutes celles qu’ils choisirent” (Gen. 6.2). C’est à
cause de ce croisement que Dieu décida de mettre fin à la
race humaine, car le Messie devait, quant à la chair,
provenir d’une lignée pure. C’est pourquoi, depuis le
déluge, il n’y eut plus qu’une lignée naturelle, celle qui
remonte à Adam. Des trois fils de Noé: Sem, Cham et Japhet
provient toute la race humaine actuelle recouvrant la face
de la terre (Gen. 9.18,19; Actes 17.26).
Mais quant aux deux lignées spirituelles, elles se
retrouveront jusqu’à la fin dans tous les peuples. Ce n’est
qu’à l’Eternel Dieu qu’il appartient de déterminer pour
chacun le qui, le pourquoi et le comment. Cependant il est
permis de recommander à chacun en particulier de s’éprouver
soi-même en considérant ceci: Quiconque écoute la Parole
sortie de la bouche de l’Eternel, La croit et agit en
conséquence, celui-là devrait être de la Semence-Parole et
de l’Esprit de Dieu. Quiconque repousse intérieurement la
Parole et parle contre Elle, n’a vraiment rien de commun
avec le Seigneur. En tout cas, c’est ce qui ressort de son
propre comportement. Bien entendu, c’est encore jour de
grâce et celui qui le veut peut se convertir au Seigneur
Jésus, Le croire et Le suivre.
Du sommet d’une très haute montagne, Satan montra à notre
Seigneur tous les royaumes du monde avec leur gloire et il
Lui dit: “Je te donnerai toutes ces choses, si, te
prosternant, tu me rends hommage” (Mat. 4.8,9). Notre
Sauveur savait qu’Il allait verser Son Sang sur la terre
pour la rédemption et le rachat de ceux qui étaient destinés
à la Vie éternelle. En tant que propriétaire originel le
Seigneur renvoya le tentateur, Satan. Le psalmiste avait
déjà dit: “Lève-toi, ô Dieu! Juge la terre; car tu hériteras
toutes les nations” (Ps. 82.8). L’apôtre Paul exprime ce
fait par ces paroles: “Et si nous sommes enfants, nous
sommes aussi héritiers; héritiers de Dieu, cohéritiers de
Christ; si du moins nous souffrons avec lui, afin que nous
soyons aussi glorifiés avec lui” (Rom. 8.17). C’est à la fin
de cet âge que cela s’accomplira. Nous avons le privilège de
vivre dans un temps où tous les mystères des Ecritures ont
été dévoilés, et ce qui s’est passé au jardin d’Eden en fait
aussi partie.
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